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[V]ivre de Sophie Laroche

[V]ivre de la collection Tabou (Éditions de Mortagne) par Sophie Laroche

Depuis cette fameuse soirée chez John, Félix en parle sans arrêt à Nathan, son meilleur ami. Il ne cesse d’évoquer cette fête où ils ont bu plus que de raison. Normal, ils sont en âge de s’amuser ! Et bien sûr qu’ils étaient en état de conduire pour rentrer !

Il parle de l’accident, et des jours qui ont suivi : leur copain Zach, toujours dans le coma, Noah, si différent depuis. Il raconte le regard des autres, la difficulté de revenir à une vie normale, après « ça ».

Mais Nathan ne répond pas.

Nathan est mort.

Mort dans ce virage…

Une fraction de seconde où quatre vies ont basculé à jamais. À cause de l’alcool au volant. Pour quelques verres en trop, Félix a mis le V du verbe Vivre entre parenthèses. Ivre, il a cessé de Vivre. Il va pourtant bien falloir continuer. Survivre à l’absence de l’un, espérer la guérison de l’autre. Se supporter les uns les autres. Se supporter soi-même. Si c’est encore possible…


 

Après vous avoir parlé de TAGuée, il était primordial pour moi de vous parler DU roman Tabou qui m’a bouleversé tellement, que j’ai dû arrêter de lire à cause de mes larmes. J’étais au secondaire à l’époque, il y a ce qu’il me semble des siècles de cela. En tant qu’adolescente, cela m’a percuté, une vraie claque dans la figure. Déjà traumatisé par les accidents de voiture, en lire un aussi frappant est venue chercher cette boule que j’ai en dedans de moi et qui n’a pu que me renverser. Après l’avoir relu, presque dix ans plus tard, les larmes me sont de nouveau montées aux yeux. Si je peux bien donner quelque chose à Sophie Laroche, c’est avoir réussi à me faire pleurer avec un livre ! Chose qui n’était jamais arrivée, et ce même à la mort de Severus Rogue dans Harry Potter (qui est mon personnage préféré de la série !).


Parlons un peu de l’auteure. Née dans le département du Pas-de-Calais en France, les écrits de Sophie Laroche se sont rendus jusqu’à nous pour notre plus grand plaisir. Elle a de nombreux… nombreux livres à son actif, autant pour enfants que pour les adolescents. Sa série « Les Enquêtes d’Anatole Bristol », ainsi que « Camille et cie » sont populaires chez un groupe plus enfantin. Chez de Mortagne, elle s’attaque plus à un public d’adolescent. J’aimerais personnellement la remercier d’avoir écrit « Le carnet de Grauku » qui, si vous ne le saviez pas, est le premier roman paru dans la Collection Tabou et qui est une réédition ! Eh oui ! Tout comme Ailleurs dans la collection, ceux-ci n’étaient pas destinés à la base à être publié pour la première fois chez de Mortagne comme le sont les romans qui sortent aujourd’hui. Le carnet de Grauku, qui parle des troubles alimentaires, a été le premier roman que j’ai lu de Sophie, mais également d’une collection que je n’ai plus jamais lâchée depuis. Donc merci à vous d’avoir écrit cette pépite ! Dans les romans Tabou, elle est également l’auteure de « L’effet Boomerang » qui parle des secrets de famille, de [V]ivre dont il est question ici même et finalement, le tout dernier Tabou a être déposé en librairie : Poids Lourd sur l’obésité morbide et la chirurgie bariatrique. (NDA : Ce dernier est dans ma Pile à lire, car ma mère a eu cette opération lorsque j’étais plus jeune et je me dois de la critiquer).


[V]ivre. Il porte bien son nom, car il m’en a fait vivre des émotions. L’histoire suit Félix qui, après une soirée arrosée, prend le volant de sa voiture, accompagné d’amis : Nathan, Zach et Noah. Malheureusement, comme vous le savez, lorsqu’on boit, on ne conduit pas et ce qui devait arriver arriva. L’accident s’est produit et Nathan en a perdu la vie. Zach lui, est dans un coma (et je ne vous spoile pas sur ce qui va lui arriver, il faudra lire le livre !). Seul Noah en sort presque indemne. Tout le long du roman, Félix parle à Nathan comme s’il était toujours là et c’est ce qui est venu le plus me chercher. On le sent Nathan à travers les lignes dont il n’est pas le narrateur. Il est entre les mots noircis sur la page blanche. Il est, comme pour Félix, là sans être réellement là. Ça vient nous chercher tellement profond. Félix décide de mentir sur qui a conduit ce soir-là et n’assume pas sa responsabilité en tant que conducteur ivre. Se repentira-t-il ? Je vous laisse le découvrir. Ce qui est également remarquable avec le personnage, c’est que même s’il ne prend pas la responsabilité de son geste, on voit le combat intérieur qui se joue dans sa tête. Il a peur de conduire à nouveau et c’est compréhensible. Il a tué quelqu’un involontairement, j’aurais peur moi aussi. Mais ce combat fait toute la différence à savoir si on va aimer ou détester le personnage pour son geste. Une chose est sûre, il faut avoir le cœur solide, non pas parce que c’est gore, mais parce que lire un texte où le personnage principal parle à un ami, un frère disparut, c’est quelque chose empreint d’une profonde tristesse qui n’est même pas définissable avec des mots. L’épilogue, je suis incapable de le lire sans me mettre à pleurer comme une madeleine. Sincèrement, si le motton ne vous prend pas à la gorge, je vous considère comme un extraterrestre (ce n’est pas une mauvaise chose, certes).


J’aimerais vous montrer un extrait du roman (disponible sur le web), qui montre comment Félix parle de Nathan et surtout avec lui, comme s’il était toujours vivant près de lui.


Je sursaute quand l’orgue commence à jouer, comme si j’étais pris en faute. Flagrant délit de quoi ? De chagrin ? De colère ? J’en sais rien, mais qu’est-ce que je souffre… Pas le temps de m’apitoyer sur mon pauvre sort, tu fais ton entrée ! Hé, c’est quand même toi la vedette, aujourd’hui. J’ai mal, si mal, en voyant le cercueil remonter l’allée, porté par tes amis. Ils y sont tous, ou presque. Bien entendu, ton frère est devant. Tu le connais, il faut toujours qu’il joue les gros bras. En face de lui, Noah tient parfaitement son rôle. C’est sans doute parce qu’il était dans la voiture qu’il a eu droit à l’autre place devant. Amis dans la vie, amis dans la mort. Sans ce maudit bras cassé, je te porterais aussi. Pas une larme sur le visage de Noah, les yeux au loin, comme s’il fixait quelque chose ou quelqu’un derrière le prêtre. J’ai vérifié, il n’y a personne. (Dieu, si tu es là, c’est un peu tard. C’est samedi soir qu’on avait besoin d’un miracle.) Noah ne me regarde même pas quand il passe à ma hauteur. Solennel. Fier. Comme les cinq autres porteurs. Triste ? Sûrement, mais il ne le montre pas. Je les examine bien, pour essayer de ne pas te voir, toi. Ne pas te deviner dans cette boîte en sapin trop banale pour être ton dernier lit. Pas même un graffiti dessus ! Pas même un « J’aime les profs, surtout absents ! » gravé à la pointe du compas. Non, ce n’est pas toi.


Nous sommes qu’au début du roman et Nathan nous accompagne. Si Félix fait des « blagues » c’est surtout parce qu’il agit comme si son ami était toujours vivant et que ce cercueil qui avance vers l’autel de l’église ne comprend pas le corps de son meilleur ami.


J’aimerais finir avec une leçon de morale, qui est tout de même assez importante. Si vous buvez, appelez un parent, un ami, un taxi, un uber, n’importe quoi, n’importe qui. Même si vous avez peur de les réveiller, je suis certaine à 100% qu’ils préféreront être réveillés par vous qui prenez la décision responsable de ne pas prendre le volant que de savoir que vous vous êtes tué dans un accident de la route en vous disant que vous étiez correct pour chauffer. Ce n’est pas le cas. Même après une seule bière, l’alcool joue dans notre sang. Attendez si vous ne pouvez pas contacter personne. Laissez l’alcool se dissiper, faites un alcootest si vous n’êtes pas certain. Prenez la décision sage de rester vigilant et surtout vivant.

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