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Sacha de Samuel Champagne


TITRE : Sacha

AUTEUR : Samuel Champagne

MAISON D'ÉDITION : Éditions de Mortagne

COLLECTION : Kaléidoscope


GENRE LITTÉRAIRE : Jeunesse contemporain

NOMBRE DE PAGES : 376


SYNOPSIS : Quand j’ai le nez plongé dans un livre ou de la musique dans les oreilles, je suis bien. Mais, dès que je rentre chez moi, dès que mon père ou mon frère me parle, je sens la pression… la déception que je leur cause. On n’a rien en commun, et ils ne savent même pas à quel point. Parce que je me force à leur ressembler, leur mentant sans arrêt.


Heureusement que ma sœur existe. Elle est la seule qui s’efforce de me comprendre. Qui sait qu’on n’est pas tous des clones qui aiment la boxe et aspirent à un métier de « vrai homme ». Qui ne trouve pas insensé qu’un gars puisse apprécier le violon et la littérature. Mais, si je suis honnête avec elle, avec eux, tout va exploser. Je vais devoir faire mes bagages et m’en aller.


Plus le temps passe et moins j’ai envie de jouer le jeu. J’ai presque dix-huit ans, je suis au cégep, je me fais de nouveaux amis qui changent tout. Olivier change tout. Il me fait réaliser combien je suis différent des autres membres de ma famille. Il fracasse mon placard à coup de hache. Ou à coup de guitare, c’est plus poétique.


Avec des thématiques LGBTQ+ en trame de fond, la collection Kaléidoscope raconte la vie mouvementée d’adolescents et de jeunes adultes qui fréquentent le secondaire ou le cégep. Dans Sacha, la masculinité toxique est abordée.


JE REMERCIE LES COMMUNICATIONS JULIE LAMOUREUX ET LES ÉDITIONS DE MORTAGNE POUR CE SERVICE DE PRESSE.

MON AVIS :


J’ai découvert la collection Kaléidoscope l’été dernier. Tout de suite, je suis tombée en amour avec Antonin, Adam et James. Lorsque j’ai appris que Samuel sortirait un nouveau roman dans la collection, je vous le jure, j’ai crié comme un enfant devant une Nintendo 64 à Noël 98. Je savais que j’aimerais ma lecture, avant même de le lire. De plus, celui-ci comparé aux autres, ne se passent pas dans la même école que les trois derniers. On retrouve un personnage un tantinet plus vieux, en Arts et Lettres au Cégep qui m’a, je vous le dis, fait vivre une montagne russe d’émotion.

Ce que j’ai remarqué dès le début de ma lecture, c’est l’impact des passages en italique qui représentent Sacha, deux ans après l’histoire. Donc cette version du protagoniste connaît les événements, connaît ses épreuves et surtout, sait le dénouement bien avant le lecteur. C’est frappant et assez puissant comme passages, car on retrouve un personnage perdu, endoctriné au présent, mais très mature et réfléchi en italique. On a une dualité qui se complète et qui vient ajouter quelque chose de très fort au texte. Surtout au niveau des métaphores. Dès le début, Sacha explique qu’il était prisonnier d’un placard et qu’Olivier est venu frapper à celui-ci. Tout au long du roman, on le voit ouvrir la porte, être pris dans son coming out et surtout, être effrayé. Le mot puissant est, selon moi, trop faible pour décrire le réel impact qu’ont produit les scènes dans ma tête.

Sacha est un personnage intéressant que j’ai eu de la difficulté à aimer aux premières pages, principalement parce qu’il avait des idées préconçues à cause de ses parents. Au final, on apprend vite à l’apprécier, lorsqu’on découvre toutes ces épreuves et ce qu’il doit endurer continuellement. Plus le récit avance, plus j’avais envie de le prendre dans mes bras et lui dire que tout irait bien, de se faire confiance, de faire confiance à Olivier. Sa relation avec celui-ci m’a réellement charmé et j’ai surtout aimé que l’auteur ait laissé la place à Sacha. Oui, on en apprend un peu sur le coming out d’Olivier, un peu sur sa famille, mais pas beaucoup. Pourquoi ? Seul l’auteur le sait, mais ma théorie est que l’histoire est du point de vue de Sacha, qui vit très mal sa relation familiale et son propre coming out. En apprendre plus à propos d’Olivier nécessiterait de passer par Sacha et donc de tourner le couteau dans la plaie que vit déjà le protagoniste. Ainsi se crée une parfaite balance entre le vécu du nouveau petit-ami de l’adolescent, mais également les épreuves que doit vivre celui-ci. Ils forment une équipe dès les premiers instants et j’ai été captivé par leur amour.


Malgré tout, le roman a un sujet prédominant qui m’a fait grincer les dents et envie d’en briser également : la masculinité toxique. La famille de Sacha est... retardée. Son père est convaincu que l’homosexualité c’est être anormal et que c’est dégueulasse. C’est un homophobe, un raciste et un crétin, je ne mâcherais pas mes mots. Mais le pire, c’est qu’il se croit lorsqu’il dit que « la musique et les lettres c’est pour les tapettes », qu’il y a des « lectures de gars », pis « des jobs de gars », pis des « coiffures de gars ». C’est tellement fâchant ! Les mots « tapette » et « fif » ont tellement été utilisés autant par le père de Sacha que par son frère David, deux ans plus jeune que lui. Les insultes homophobes et la masculinité toxique amènent une frustration, mais également beaucoup de sympathie envers Sacha. Le pire, je crois, c’est de voir que personne ne fait rien. Sa mère appuie son mari et est du même avis qu’on « devient gay », que les homosexuels contaminent. Qu’être gay ce n’est pas normal. Il y a la sœur de Sacha, bien que plus ouverte d’esprit, ne fait rien pour défendre son frère. Moi j’avais juste envie de les prendre par le collet et les rentrer dans le mur. Et même si ce ne sont que des personnages de fictions, je me dis que des gens pensent réellement comme ça. C’est ça le plus effrayant.

Cet endoctrinement amène des passages très difficiles à lire, surtout lorsque Sacha, en confrontant Olivier la première fois, lui demande ce que lui, il lui a fait. On comprend donc que le jeune homme croit qu’il a été contaminé. C’est dur et je n’imagine même pas comment Samuel s’est senti en écrivant ce roman.

Bien sûr, il y a des passages d’espoirs et de bonheur. Il y a même des passages... chauds. Ceux-ci viennent équilibrer ceux qui pèsent lourd dans l’environnement de Sacha. J’ai aimé comment le personnage a grandi et comment son entourage a grandi aussi. Parce que même si le trois quarts mériteraient une claque ou deux, certains ont quand même une rédemption. Je ne pourrais pas dire que je les apprécie, mais ils ont monté une marche dans mon estime, c’est déjà mieux que rien.


Sacha est pour moi un coup de cœur et à mon avis, le meilleur de la collection Kaléidoscope à ce jour. L’histoire, les émotions, ce ressenti qui ne m’a pas quitté un instant lors de la lecture m’a atteint de plein fouet. La masculinité toxique est un sujet difficile et c’est difficile à croire que certaines personnes pensent des choses aussi horribles, mais le livre de Samuel Champagne a fait un pas en avant pour sensibiliser sur le sujet. Je le remercie pour ça.

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