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Mathéo à contre-courant de Pierre-Alexandre Bonin

❤️Alerte coup de cœur ! ❤️

TITRE : Mathéo à contre-courant

AUTEUR : Pierre-Alexandre Bonin

ÉDITION : Hurtubise


GENRE LITTÉRAIRE : Adolescent

NOMBRE DE PAGES : 224


RÉSUMÉ : Passionné de natation, Mathéo partage sa vie entre la piscine, où il s’entraîne avec l’équipe de son école, et le centre commercial, où il travaille comme mascotte. Malgré un concierge grincheux et les enfants surexcités, il adore sa job !


Cependant, à la première compétition de l’année, un nageur d’un club adverse le ridiculise sur son poids. Bouleversé, Mathéo voit ses performances s’en ressentir, ce qui affecte son estime de soi et ses notes à l’école. Peu à peu, il se forge une carapace qui lui nuit dans ses relations avec son coach, ses coéquipiers, sa meilleure amie Marianne et même avec Fanny, une fille qui l’intéresse beaucoup. Il devra apprendre à accepter sa propre vulnérabilité et à s’ouvrir aux autres s’il veut surmonter cette épreuve et, surtout, retrouver le plaisir de nager.

 

MON AVIS :


Les éditions Hurtubise ratent très rarement leur coup lorsque vient le temps de publier un roman qui saura sensibiliser jeunes et moins jeunes. Le roman de Pierre-Alexandre ne fait pas exception. On a ici un excellent texte mettant de l'avant un sujet important et d'actualité : la grossophobie. Bien que plusieurs en parlent sur les réseaux sociaux et qu'on sensibilise de plus en plus à ce sujet, peu d'œuvres littéraires en parlent, fracassent les tabous, tombent dans la vulnérabilité la plus totale et surtout, démontrent les dommages qu'un simple commentaire peut avoir dans la vie d'une personne. Avec Mathéo, tous ces points sont cochés, ce qui nous donne un livre d'exception.


Le sujet est le premier élément qui m'a fait tomber en amour avec ma lecture. Un livre sur la grossophobie, masculine et en milieu sportif ? OUI, OUI et encore OUI ! On voit l'évolution psychologique de Mathéo, malheureusement négative, à cause de commentaires désobligeants sur son poids. On comprend à travers les émotions du personnage à quel point un seul commentaire peut détruire tout sur son passage, aussi fracassant qu'un ouragan. Sa confiance en soi, son amour propre, sa passion, ses relations, même sa personnalité est ravagée par un petit con sans cervelle qui se trouvait dont comique. C'est, excusez-moi l'expression, décâlissant. Il y a des personnes grosses qui sont grosses, car ils ne s'aident pas, c'est vrai. Certains c'est par lâcheté, même encore aujourd'hui. Cependant, il y a BEAUCOUP, et je mets l'accent sur l'adjectif, de personnes vivant avec un sévère embonpoint qui le sont par génétique ou dû à des problèmes de santé. Souvent, c'est même la forme du corps, la musculature, car, pour les ignares, quelqu'un peut être gros à cause de sa carrure. Quelqu'un large d'épaule et de hanche n'aura pas le ventre plat d'un mannequin. Pensez-vous qu'une personne grosse qui fait un sport de compétition est grosse parce qu'elle est lâche ? Non, justement ! C'est même l'inverse ! L'activité sportive aide à se muscler, à perdre du poids, mais ça ne fait pas tout. Mathéo le prouve : il s'entraine jusqu'à en être malade, mais sa carrure et sa corpulence restent les mêmes, pourtant il bat des records à la nage ! Une personne avec de l'embonpoint n'est pas juste en train de se bourrer la face dans du gras en écoutant Netflix, c'est un préjugé qui date d'une autre époque. Traiter comme de la marde quelqu'un de gros qui s'active... c'est horrible. Que ce soit dans un gym ou à la piscine, comme c'est le cas dans l'histoire. Le jeune qui adresse des commentaires grossophobes aurait presque mérité de se noyer dans l'eau... J'ai tellement enragé et je ne vis même pas la situation de Mathéo ou de quelqu'un souffrant d'obésité. L'intimidation, c'est non, tout simplement et encore plus quand c'est une question de poids.

Maintenant que ce point est exprimé, j'aimerais dire à quel point j'ai ADORÉ Mathéo. Il est mature et je trouve que ça fait du bien des romans avec des personnages adolescents présentant une maturité plus évoluée, qui réfléchissent, se posent des questions d'adulte. J'ai l'impression que la littérature jeunesse prend trop la tendance de présenter des adolescents ignares et stupides. Ici c'est l'inverse, c'est plaisant. Les ados ne sont pas des bébés et Mathéo le prouve bien. J'ai aussi apprécié l'écriture très dans la tête, car c'était parfaitement exécuté. Ce n'était pas lourd, grâce à la plume fluide de l'auteur. Les commentaires qui traversent les pensées du jeune homme ont un côté sérieux par moment, mais également très humoristique par d'autres, ce qui est un autre élément qui m'a plu durant ma lecture.


Quant à son amitié avec Marianne, je n'ai rien à redire ! Leur complicité était incroyable. Les scènes où Mathéo enfile le costume de Capi sont superbes. J'avoue même que j'en aurais pris plus des moments avec ces deux-là ensemble !

Autre point positif : l'entourage qui s'inquiète et se pose des questions. À aucun moment il y a une once de jugement. Mathéo ne s'ouvre pas, car il a honte et craint de ne pas être compris, malgré l'ouverture d'esprit de ses proches... J'aurais tellement aimé qu'il parle avant que sa santé mentale soit affectée. C'est un autre sujet important dans le récit que j'ai tout simplement adoré. C'est sain, c'est doux, malgré les éléments difficiles qui sont abordés dans le texte.

La fin, réaliste, est venue clore avec beauté ce roman extraordinaire. Comme rien ne se règle par magie et que tout prend son temps, j'ai eu l'impression de surfer sur une vague avec aisance pour atteindre le point final de l'histoire. Un gros wow.


Je remercie l'auteur d'avoir écrit un texte autant de qualité. C'était nécessaire dans notre littérature et encore plus dans les bibliothèques des jeunes. Je suis convaincu que l'histoire de Mathéo saura sensibiliser les gens sur la grossophobie et sur l'impact que peut avoir l'intimidation.

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