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Le jour où la terre a tremblé, t.1 : Poussières de Dïana Bélice


TITRE : Poussières

SÉRIE : Le jour où la terre a tremblé

AUTEURE : Dïana Bélice

ÉDITION : Dominique et compagnie


GENRE LITTÉRAIRE : Jeunesse

NOMBRE DE PAGES : 138


RÉSUMÉ : À Port-au-Prince, en Haïti, Cornélie a la tête pleine de rêves. Pour la première fois, l'adolescente est amoureuse! Quoi qu'en pense sa mère, rien ne pourra l'empêcher d'aimer Calderon. Sauf que le 12 janvier 2010, à 16h53, tout s’écroule. La joie, les projets d’avenir : tout est réduit en poussière. Désormais, comme son pays, Cornélie devra se reconstruire. Aidée de sa famille et de ses ami-e-s, elle tentera de recoller les morceaux de sa vie. Même si pour y arriver elle doit partir vivre au Québec.

 

MON AVIS :


Lorsque le séisme a sévi à Port-au-Prince, j'étais âgée de 14 ans. Jeune femme blanche, née au Canada, grandie au Canada, dans une famille blanche, j'avoue avoir été ébranlée par la nouvelle, mais comme n'importe quelle catastrophe naturelle qui se passe dans le monde. Ça m'avait rendue triste, mais ça ne m'avait pas touché, car je ne savais pas où se situait Haïti (oui, j'étais nulle en géographie), je n'avais pas d'amis haïtiens ou même qui connaissait des Haïtiens. J'ai donc vécu le drame de loin, avec détachement, tout en ayant une pensée pour les victimes.

Maintenant que je suis adulte, je fais plus attention à ce qui se passe dans le monde, je me renseigne davantage, j'essaie de supporter, du mieux que je le peux, les personnes touchées.


Lorsque Dïana a annoncé la publication de ce livre, je savais que je le lirais. Non seulement, car j'adore sa plume, c'est l'une des auteures québécoises que je compte parmi mes préférées, mais aussi parce que le séisme de 2010 remontait à loin pour moi. Je ne l'avais pas vécu comme elle. Je voulais découvrir un autre point de vue.


Et j'ai été servie. Malgré un début légèrement lent qui m'a empêché de m'immerger rapidement, j'ai su plonger dans l'histoire de Cornélie au point d'en avoir le cœur serré. La jeune femme est très mature pour son âge, en même temps, on rentre dans une histoire où la pauvreté et l'analphabétisme sont monnaie courante. Ce fut un choc culturel pour moi. Bien entendu, je ne suis pas naïve ni hypocrite et encore moins aveugle au point de ne pas savoir que la situation à Haïti n'est pas des plus belles, mais de le voir, le vivre à travers un personnage, c'est différent. C'est se mettre dans les chaussures de quelqu'un, vivre une vie différente à la nôtre. En plongeant dans ce livre, je déboussolais tout ce que je connaissais : ma culture, mon langage, mes connaissances. C'est une expérience qui rend humble, selon moi.


J'ai été foudroyé par les émotions du récit. Comme la culture haïtienne prend une grande place, ce qui est pour moi un énorme point positif, j'ai eu l'impression de vivre le drame, ce que je n'avais pas ressenti en 2010. Je pouvais sentir le désespoir des personnages qui venaient de perdre des gens proches. Des parents, des frères, des sœurs... des amoureux. En quelques secondes, le monde s'écroule. Littéralement. Et on le ressent dans chaque page. Dans chaque paroles, qu'elles soient écrites en français ou en créole. Je n'ai pas pu empêcher les larmes de couler sur mes joues et la boule dans mon estomac de s'installer. La tristesse, la colère, le désespoir. La peur aussi, surtout la peur. Que sera l'avenir ? Comment allons-nous nous nourrir, nous protéger la tête, est-ce que quelqu'un va venir nous aider ? C'est beaucoup de questions pour des adolescents, des enfants. Sauf que ces personnages, bien que fictifs dans cette histoire, ont existé dans la vraie vie. Des orphelins terrifiés de ce qui allait advenir d'eux, n'ayant autre choix que de se jeter dans la criminalité pour survivre. Vol, prostitution... L'horreur présentée sur un plateau d'argent par dame nature. L'horreur que Dïana a réussi à décrire à la perfection, pour que moi, jeune femme blanche, puisse comprendre à quel point le séisme qui a touché Port-au-Prince était bien plus qu’une tragédie présentée par le TVA Nouvelles de 18h.


Il me tarde de lire la suite, découvrir ce qui va arriver à Cornélie au Québec. Et je tiens à remercier Dïana d'avoir écrit cette œuvre qui ouvre les yeux, mais qui permet aussi de se souvenir de ceux qui sont décédés et ceux qui ont tout perdu.

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