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Corrosive de Janney Deveault

⭐ Service de Presse ⭐

TITRE : Corrosive

COLLECTION : Tabou

AUTEURE : Janney Deveault

ÉDITION : Éditions de Mortagne


GENRE LITTÉRAIRE : Adolescents

NOMBRE DE PAGES : 312


RÉSUMÉ : J’adore ma best. C’est mon amie d’enfance. Quand elle m’a annoncé qu’elle changeait d’école pour venir à la mienne, j’ai littéralement sauté de joie. Mais je réalise que ma vie était beaucoup plus simple avant son arrivée. J’avais ma gang, mes dîners à la bibliothèque et… je n’avais pas de comptes à lui rendre.


J’assiste maintenant tous les jours aux blagues mesquines qu’elle sert à tout le monde. J’ai honte.


Sans parler de ses commentaires assassins qui me rentrent dedans comme des couteaux… « Décoince-toi, Jade ! », « On sait bien, c’est Jade la première à se jeter sur les bonbons ! », « Tu pleures pour rien, tu joues à la victime ! ». Ils deviennent lourds à porter, détruisent petit à petit ma confiance en moi.


On dirait que je ne suis pas assez bien pour elle. Je dois lui en parler, mais j’ai peur de sa réaction.


Pourtant, en tant qu’amie, elle devrait m’aimer comme je suis et me respecter. Non ?


Une amitié devient malsaine quand elle cause beaucoup de peine et d’angoisse. Lorsqu’on est pris dans les rouages d’une amitié toxique, la jalousie, la déception et la culpabilité ternissent la relation. Apprendre à reconnaître ses limites et à les exprimer est l’un des premiers pas pour se respecter.

 

MON AVIS :


HI que j’avais hâte de lire ce tabou ! Janney et moi sommes amies depuis près de deux ans déjà et, non, avant que vous vous posiez la question, ma note donnée n’a pas été influencée par notre amitié. Quand je lis un roman, je suis neutre et je le critique sans prendre connaissance de qui l’a écrit ou dans quelle maison d’édition c’est publié. Pour être certaine d’avoir un premier regard neutre, je n’ai pas travaillé en arrière-plan sur ce tabou, même si Janney me l’a proposé. Je savais qu’elle avait le talent pour l’écrire sans une bêta-lecture profonde, dans la mesure où ses idées étaient vécues. Je voulais découvrir une nouvelle facette à sa plume en lisant son roman pour la première fois en tant que lectrice. Pas à titre d’amie ou de bêta. Simple lectrice. Et je suis ravie de ma décision, car j’ai pu adorer chaque parcelle de son œuvre.


Ceux qui connaissent l’auteure intimement sont au fait qu’elle a eu son lot de personnes toxiques dans sa vie, ce qui est déjà assez malheureux, surtout quand on sait à quel point Janney est une personne douce. Comme Jade. J’ai su reconnaître plusieurs aspects de sa personnalité, tout en étant capable de faire la distinction entre sa protagoniste et elle, surtout concernant Laurie, l’amie toxique du roman, qu’on ne peut pas s’empêcher de détester. Jade se trouve rapidement emmêler dans une débandade de commentaires plus abjects l’un que l’autre, mais… c’était sa normalité. Comment comprendre que quelque chose n’est pas bien quand on est plongé dedans et qu’on y est habitué ? « Elle est comme ça, c’est tout », « T’en fais pas, c’est juste des blagues ». Des excuses qu’on s’habitue à dire à son entourage. Comme dans une relation de violence conjugale psychologique, la personne toxique va s’approcher avec de beaux mots, avec de la douceur et beaucoup d’amour. Au fil du temps, les beaux mots sont remplacés par des critiques, puis des insultes sans aucun camouflage. La douceur s’efface pour la violence des mots et l’amour laisse place à la haine. Jalousie ? Très probable. Manque de confiance en soi ? En plein dans le mille.


Janney, tout comme son personnage de Jade, a su apprendre à reconnaître les signes d’une relation toxique, en connaître ses torts (car il y a toujours des torts des deux côtés), mais surtout, comprendre le comportement et le mal-être qui se cache bien souvent derrière une personne toxique. L’avoir compris a permis de rendre Laurie extrêmement crédible. Son égocentrisme et son narcissisme sont des éléments clés qui nous permettent de saisir d’emblée le sujet, mais aussi les premiers redflag d’une personne toxique. Son entrée en matière dans le roman amène également le fruit d’un profond dégoût chez le lecteur. Du moins, ce fut le cas pour moi.


Quand tu as vécu de la toxicité, tu ne peux pas t’empêcher de reconnaître les signes et surtout, d’en être fâché. La victimisation, par exemple. Le fameux « c’est ta faute » et le fait que la véritable personne en faute te fait douter de toi-même, car elle est incapable d’accepter ses torts et de prendre le blâme. Toujours des excuses, toujours l’erreur des autres, aucune introspection. Une fois ou deux, on appelle ça « être humain », on fait des erreurs. Tout le temps ? Hum.


Un autre élément montré dans le roman qui pue la toxicité à plein nez et que je suis très heureuse d’avoir retrouvé dans l’histoire, c’est le concept du « t’es une merde, je ne veux plus que tu m’approches et qu’on soit en contact, mais je te stalk sur les réseaux sociaux et je pose des questions à notre entourage commun pour savoir tout sur ta vie. » Jade le vit avec Laurie et je suis persuadé que plusieurs parmi vous ont déjà traversé cette situation. Quand un. e ami. e te rejette et te traite comme un étron radioactif, mais que tu vois cette personne regarder tes stories Instagram, publier des stories en réponse à tes stories sans mettre de contexte. Parler à ton entourage dans ton dos pour savoir ce que tu as mangé pour déjeuner, dîner et souper pour passer un commentaire du genre « c’est probablement pour ça qu’elle est grosse ». Dans ces cas-là, on se demande simplement pourquoi ? Juste, laisse-nous tranquilles. C’est quelque chose que Jade devra apprendre à faire au courant de l’histoire : lâcher-prise. Lorsqu’elle réalisera enfin à quel point Laurie est toxique, elle devra accepter ses torts, accepter ce qu’elle n’a pas à se reprocher et surtout, apprendre à lâcher-prise, car des personnes comme Laurie ne changent jamais.

Un autre personnage perturbant dans le roman est la mère de Jade. Disons que c’est un cas particulier. On retrouve un côté un peu plus égocentrique, mais pas nécessairement narcissique. Encore là vécu probablement par un grand manque de confiance en soi. J’avais de la peine pour elle. Autant je détestais Laurie, autant j’avais pitié de la mère de Jade. Heureusement, le papa de Jade, homme extraordinaire, a su apporter de l’amour dans sa vie. Même si ce n’est pas facile d’être père monoparental d’une fillette, puis d’une adolescente, il a toujours donné ce qu’il pouvait pour sa fille. La douceur de Jade, elle vient de lui.

J’ai commencé cette critique en vous parlant des personnages toxiques de l’histoire, sans nécessairement rentrer en profondeur sur la protagoniste, Jade. Sa douceur et sa belle personnalité ont mis de la lumière dans le roman. Bien entendu, elle se pose des questions, elle se sent dévalorisée, elle a peur, elle est triste, comme n’importe quelle personne vivant une amitié toxique, mais aussi n’importe quel adolescent qui se cherche. L’élément que j’ai aimé le plus, c’est que, même si le livre s’adresse aux jeunes, la façon dont Jade prend en main la situation est assez mature pour qu’une personne adulte puisse se reconnaître en elle et aborder une même situation sans que ça passe pour enfantin.

Un autre point que j’ai vraiment aimé du livre et surtout de Jade, c’est sa passion pour l’écriture et la lecture. Chaque début de chapitre nous présente une insertion avec Valeska, la protagoniste guerrière du roman de fantasy qu’écrit Jade. Ces ajouts permettent de saisir et décrire la situation vécue dans le livre comme un personnage de roman fantasy ou bien de jeu de rôle. C’est extrêmement original et j’ai adoré.


Il y a d’autres personnages qui sont venus prendre une place importante dans le récit, alors que d’autres ont été oubliés, selon moi. Je vais commencer avec Nydia et Anaïs. Nydia est une bonne fille qui essaie de ne pas trop intervenir contre Laurie sans ajouter quoique ce soit pour alimenter ses commentaires. Je l’appelais dans ma tête « La petite Suisse ». J’aurais aimé qu’elle prenne plus la parole, qu’elle soit plus présente. Quant à Anaïs, j’avoue qu’elle m’a laissé ni chaud ni froid. Je l’ai trouvé absente, comme si elle n’était nécessaire que pour certains événements du récit. Et il y a Ulric, l’oublié. C’est un détail insignifiant, mais j’ai trouvé ça dommage que le joueur de role play avec qui s’entretenait Jade n’ait pas plus d’importance et disparaisse en cours du roman. J’aurais aimé un p’tit twist à la fin ou au moins, une conclusion.


Néanmoins, une deuxième brise de fraicheur apparaît dans l’histoire avec la présence de Célestin. My god que j’ai aimé Célestin. Il est doux, patient, bienveillant. C’est un bon garçon qui aide sa mère avec la maison et le reste de sa fratrie. Il ne se plaint jamais, il a un grand cœur. Ça fait tellement du bien de voir un personnage masculin avec de la vulnérabilité et de la tendresse. Son côté nerd et geek est à craquer. J’aimais qu’avec ce personnage, on présente aussi un aspect de Jade qui sort des protagonistes féminins habituels. Elle s’ouvre à l’imaginaire de plusieurs façons, j’adore !


De plus, la relation qui se développe entre les deux adolescents est juste parfaite. J’aime toujours une petite romance ou une amourette dans un roman Tabou, car ça permet d’alléger la lourdeur des thèmes qui ne sont pas toujours faciles à vivre et donc à lire. C’est un vent de fraicheur. Eh bien dans ce livre ci, le lien entre Célestin et Jade montre que l’amitié peut être douce et non pas toxique, mais aussi apporter plus, quand des sentiments amoureux se développent. Jade n’a pas eu besoin de Célestin pour affronter Laurie et sa mère, mais il était là pour elle lorsque c’était nécessaire. Il était un support, une oreille, un ami, un petit copain, sans être le héros de l’histoire. Non, ce rôle revient à Jade.


La fin est tout simplement magnifique. Jade a grandi et a évoluée elle-même, avec le soutien des gens qui étaient là pour elle. Malgré le comportement de sa mère et de son ex-meilleure amie, elle avance avec bienveillance en leur souhaitant du bien, puisqu’elle est là la différence entre une personne toxique et celle qui réussit à s’en sortir. La personne toxique souhaitera du malheur, l’autre lui souhaitera d’apprendre et d’aller mieux. C’est beau, c’est doux. Et le fait qu’on ne voit plus Laurie dans les derniers moments du roman nous permet de comprendre qu’elle disparaît, car Jade ne lui donne aucune attention. Elle lâche prise, elle passe à autre chose.


Tous les messages de ce livre sont nécessaires pour les adolescents. Dans une phase autant cruciale que la puberté, les premières grosses amitiés, les gangs, les premiers amours, l’école secondaire, la graduation, la vie… il faut sensibiliser les jeunes aux relations toxiques, surtout en amitié et, bien entendu, en amour aussi. Je crois que Janney a fait un travail incroyable avec son sujet et son œuvre. Un excellent Tabou que je recommande fortement.


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