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Aller simple pour l'inconnu de Benoit Picard

📖 Lecture commune 📖

TITRE : Aller simple pour l'inconnu

AUTEUR : Benoit Picard

ÉDITION : Hurtubise


GENRE LITTÉRAIRE : Romance

NOMBRE DE PAGES : 336


RÉSUMÉ : Écœurée de sa routine à Montréal, Rosalie Bouchard décide de tout larguer pour partir en voyage autour du monde. Alors que la pression sociale lui dicte d’avoir des enfants et d’acheter une maison, elle entend bien découvrir ce qu’elle souhaite vraiment.


Avec sa meilleure amie Clara, Rosalie s’envole d’abord pour l’Europe. Les deux jeunes femmes se lancent dans l’aventure les yeux fermés, savourant leur liberté nouvelle et vivant tour à tour des moments comiques, intenses ou insolites.


Au fil de ses déplacements, Rosalie cherche en elle des réponses. Elle ne se doute pas encore que les imprévus, les secrets bien gardés et les nouvelles rencontres peuvent devenir déterminantes, comme celle de Liam...


Bien plus qu’un roman de voyage, Aller simple pour l’inconnu raconte la quête intérieure de Rosalie qui, au travers de péripéties pleines d’humour, espère trouver une façon de vivre qui la fera se sentir vibrante et libre. Un roman qui donne envie de boucler ses valises et de découvrir de nouveaux horizons !

 

MON AVIS :


Avant toute chose, j’aimerais beaucoup remercier mes compagnes de lecture commune : Dans la biblio d’Isabelle et Rage de lire! Échanger avec vous durant la lecture (et surtout après) a été toute une expérience ! Et c’est de ça que je dois parler avec vous, les lecteurs.


Écrire cette critique ne sera pas facile. J’ai adoré le livre, bien que ce ne soit pas un coup de cœur, les personnages étaient extraordinaires (sauf Luka), mais… j’ai eu l’impression de tout savoir. Et c’est à ce moment-là que les choses se sont corsées, parce que c’était bien plus qu’une impression et elle est difficile à expliquer.


En commençant ma lecture, j’avais le sentiment de connaître Rosalie. Son voyage, j’avais la sensation de l’avoir fait moi-même, d’avoir rencontré les gens qu’elle a croisés, d’avoir vu les lieux visités. J’ai deviné aisément les mystères entourant Liam et Clara parce que j’avais l’impression de lire un journal que j’avais moi-même écrit, comme si c’était ma propre vie, alors que ce n’est pas du tout le cas. C’était extrêmement étrange ! Vraiment, tout le long, je savais ce qui allait se passer. Le livre en soi n’est pas prévisible à ce point (un peu, mais pas autant que ça), pourtant j’étais capable de tout deviner et pire encore, les autres aussi.


Ce qui a renforcé ce sentiment-là, ce sont les déjà-vus et les coïncidences. Par exemple, dans le roman, deux personnages sont en train d’écouter le sport et, dans la même phrase, je vois le prénom de mon ex et le nom de son père. C’était extrêmement étrange et vous me dites, ça peut arriver. Mais ensuite apparaît Clara. Sans trop en dévoiler sur moi-même, disons que ledit personnage avait des ressemblances avec quelqu’un que je connaissais déjà. Ça c’est sans compter le fait que mon chum a deviné leur itinéraire et leurs actions aux dits lieux sans même avoir plongé dans le livre. Bizarre, n’est-ce pas ? Puis, en parlant avec mes comparses lectrices, j’ai appris que je n’étais pas la seule à me sentir de cette manière. Une éprouvait un intense sentiment de déjà lu, alors que l’autre a vécu une scène identique écrite dans le roman, plusieurs mois plus tôt. Euh ?


C’est sous cette étrangeté que j’ai fini par terminer le roman en me disant que je l’avais déjà lu, déjà vu, bref, que ce n’était pas une surprise pour moi du tout. Mais, j’ai quand même aimé !


Bon, quittons le supernaturel et plongeons dans le contenu du livre !


J’ai adoré le début. On rentre tout de suite dans le vif de l’action avec Rosalie mal prise à Bangkok. Quand elle dit qu’il y a sans cesse de la malchance qui lui arrive, je l’ai comprise, ayant Murphy sur l’épaule, toujours prête à crier « objection » et me lancer sa loi au visage. Bref, plonger directement dans le voyage a rendu l’immersion beaucoup plus rapide. L’ambiance était exceptionnelle, j’ai vraiment senti comme si je voyageais. Par exemple, l’arrivée à Lisbonne était superbe. Un peu plus et je faisais partie du périple ! On voit qu’il y a beaucoup de recherche ou bien l’auteur a énormément voyagé et pris des notes (et des photos). Je penche pour la seconde option.


J’avoue quand même qu’un côté de moi aurait adoré que le livre traverse le voyage chronologiquement, mais je comprends la touche de mystère entre le début à Lisbonne avec Clara et l’arrivée de Rosalie à Bangkok. Et ça nous aurait coupé du temps avec Liam qui est absolument craquant.

Même si l’auteur est un homme, je n’ai pas trouvé que ça impactait le personnage de Rosalie. C’est quelque chose qui m’inquiète toujours quand un auteur d’un certain genre a un protagoniste à un seul point de vue d’un autre genre. Parfois certains stéréotypes s’installent, mais ici, pas du tout. Au contraire ! La jeune femme est mignonne, drôle et courageuse, mais elle a également un grand sens de l’aventure, elle n’est pas peureuse, elle fonce et n’hésite pas à se salir. Elle vit son expérience à 110 %.


Bien entendu, on rencontre d’autres personnages. J’ai adoré les liens qu’elle a fait au cours de son voyage. Même moi, je me suis sentie triste des départs et je ne pense pas que je serais capable de faire ça ! Mon pauvre cœur ! Sherlock était incroyable, alors que Luka… aurait pu disparaître plus vite. Il n’était pas si gossant que ça… non okay il était épouvantable et si les vloggeur et influenceur sont véritablement comme ça dans la vie, tenez-vous loin de moi. Merci.


Pour Clara et Liam, ce sont deux personnages fort, mais bien différents. Quoiqu’ils ont tous les deux le même mantra : vivons ce jour comme si ce serait le dernier. Parfois l’amie de Rosalie était collante et elle se plaignait beaucoup. C’était à se demander si les paroles qu’elle sortait avaient réellement été présentes dans sa tête. Pour le jeune homme, son comportement pouvait paraître louche par moment, mais je savais qu’il y avait une profondeur à tout ça. Sa relation avec la Québécoise était douce, sans fioriture et surtout, sans clichés. C’était… vivant.


Il y a aussi un élément important au livre, car c’est bien plus qu’une romance, bien plus qu’un simple voyage. C’est une conscientisation sur un phénomène horrible : la pression sociale. Pourquoi j’ai autant eu l’impression de connecter avec Rosalie, c’est que j’ai eu les mêmes questions qu’elle, les mêmes réflexions, et j’avais beaucoup trop de pourquoi. De plus en plus, je vois les gens réfléchir à ce sujet et je crois que c’est extrêmement nécessaire d’en parler. Le moule sociétaire qui pousse les jeunes à avoir une carrière avec un bon salaire, une maison et des enfants, le tout avant 30 ans, est lourd. C’est pénible. Comme si on devait tous suivre le même mode de fabrication, aller au même rythme et désirer les mêmes choses. La pression que beaucoup se mettent peut en rendre plus d’un malade. Mais ça ne veut pas dire que, parce que ton voisin ou ton ami a 27 ans, 2 enfants, en couple depuis 5 ans, a une maison qui l’endette jusqu’à sa retraite, pis une carrière dans laquelle il doit probablement se faire chier, qu’il est heureux. Pourquoi tout le monde doit suivre le même moule ? Et surtout, pourquoi on s’y sent obligé ? Qu’en est-il des rêves ? des projets ? des voyages ? Et pourquoi avoir des enfants devrait être obligatoire ? Le comportement de l’entourage de Rosalie m’a fait comprendre pourquoi elle est partie et à quel point certaines personnes peuvent être toxiques concernant ce moule archaïque qui cause une pression sans nom. La jeune femme était misérable et je suis certaine que beaucoup le sont. C’est à mon avis, l’élément le plus important du roman et c’est ce qui a fait en sorte que je l’ai adoré. Je rajouterais également ceci : les réseaux sociaux font la propagande de la vie parfaite. Si votre souhait est d’atteindre ça, vous allez être aussi malheureux que Rosalie, car c’est du fake. N’oubliez jamais que c’est bien beau avoir de superbes vêtements à la mode, une magnifique maison style château, un char neuf et voyager 10 fois par année. Mais derrière tout ça, dites-vous bien peu d’entre eux sont riches et que ceux-ci ont probablement des cartes de crédit remplies ou des contrats contraignants à respecter. Rien, dans la vie, n’est aussi parfait.


Maintenant, la fin. Je l’ai trouvé belle et réaliste. J’aime que tout soit consistant et que les personnages aient évolués, principalement Rosalie. Son voyage l’a changé, pour le mieux. Elle s’est comprise. Bien entendu, pas par magie, mais en travaillant sur elle-même. Honnêtement, j’ai presque eu envie de partir moi aussi.

Ah, j’allais presque oublier. Je ne sais pas si c’était volontaire, mais j’ai bien apprécié le clin d’œil à La casa de papel.


Pour découvrir le voyage de Rosalie, de Lisbonne au Portugal à Palawan aux Philippines, cliquez ici :


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