top of page
  • Photo du rédacteurMione

Scrooge de L.P. Sicard


TITRE : Scrooge

AUTEUR : L.P. Sicard

MAISON D'ÉDITION : ADA

COLLECTION : Les contes interdits


GENRE LITTÉRAIRE : Horreur

NOMBRE DE PAGES : 247


SYNOPSIS : Une inquiétante boutique que nul n’ose approcher.


Des rumeurs sordides circulant dans les ruelles de la métropole.


Une jeune femme blessée, prête à tout pour fuir le passé.


Un vieillard défiguré que l’avenir obsède.


Et l’instant même, qui ne devient plus qu’un interminable cauchemar.


Charles Dickens, dans son Conte de Noël, présente Scrooge comme un vieil homme avare et détestable. Cette réécriture des Contes Interdits lui ajoute une obsession maladive et meurtrière pour le temps: ce nouveau Scrooge doit être craint comme la peste noire. Pourtant, une étrangère ignore les avertissements à l’égard de cet homme. Et celle-ci, entraînée dans les bas-fonds de la démence, comprendra bien vite que son temps est compté.





MON AVIS :


Le Conte de Noël a été à repris à mainte reprise. Que ce soit dans les films pour enfants, pour adulte ou dans la littérature. L.P. Sicard offre cette fois-ci une adaptation horrifique de l'oeuvre de Dickens. Bien que l'oeuvre originale soit légèrement monstrueuse à cause de son personnage principal, Scrooge, l'auteur nous offre maintenant une version d'horreur dans toutes ses sphères.


J'ai été impressionnée par ma lecture. Ce conte interdit est bien ficelé, bien pensé et surtout, se construit à travers une société horrible que les privilégiés de la société ne remarquent pas toujours. J'ai adoré ce que l'auteur a fait du fantôme passé, présent et futur. J'ai eu le droit à des frissons et, je l'avoue, de la surprise.


Je me suis demandé, lorsque le livre a été annoncé, comment l'auteur réussirait à faire voyager à travers les époques, les souvenirs de soi, surtout avec Scrooge. C'est finalement une drogue qui a été utilisée. Certains diront que c'est jouer avec la facilité, mais moi je trouve que c'est une excellente utilisation qui mène à de très grandes possibilités. En tant que lecteur, grâce à cette drogue, le "fantôme" de la mort même, on arrive à plonger dans les affreux souvenirs du passé de Rebecca, en plus de ceux de Scrooge. Rebecca, étant le personnage principal, j'ai trouvé ça excellent qu'on puisse en apprendre plus sur elle et sur le pourquoi elle se retrouve à mendier devant Scrooge & Marley, sans que ce ne soit écrit en flashback sans lieu. L'utilisation de l'ectoplasme permet une vision du passé sans que ce soit redondant ou inapproprié.


Les personnages sont très bien construits. Dès le début, où Rebecca nous apporte dans les rues de Montréal, aux coins de rue utilisés par les sans-abri, on reconnaît sa douleur, sa peine, son impuissance. Elle veut survivre, mais surtout manger. Néanmoins, dès le début de l'histoire, on comprend bien qu'elle est curieuse et que cela pourrait la mener à sa perte. C'est une jeune femme pleine de ressource, avec une personnalité sombre teintée de traumatismes incestueux. Puis, il y a Michel que j'aurais apprécié en savoir plus sur lui. Pourquoi il est là ? J'admets avoir eu l'impression qu'il avait été placé là simplement pour faire une connexion et apporter certaines réponses à Rebecca. Quant à Rej', c'est un peu la même chose. C'est un personnage mystérieux qui aurait, à mon sens, mérité plus de profondeur, même s'il est tout de même très bien construit. On le sent dès le début qu'il est louche et qu'on ne doit pas lui faire confiance. Ce sentiment envers lui m'a apporté beaucoup d'exaspération dans certains gestes posés par Rebecca.


Puis, il y a Terry qui a mes yeux, est beaucoup plus monstrueux que Scrooge. Celui-ci commet des actes horribles, certes, mais il a un but précis, il s'est construit une idée qu'il tente d'accomplir depuis des lunes. Terry, lui, est juste un monstre dégueulasse. Certaines scènes m'ont retourné l'estomac. J'ai plus été dégoûtée par Terry et ses tendances nécrophiles que par Scrooge.


Le grand antagoniste de l'histoire, celui que Dickens a décrit comme un être égoïste et désagréable l'est tout autant dans ce conte interdit. Cependant, j'ai beaucoup aimé en apprendre plus sur lui. Malgré sa froideur, l'horreur qui se trame dans sa boutique et le fait que c'est - un peu - un psychopathe, j'ai tout de même ressenti une touche humaine, une douleur à son âme. À mes yeux, Scrooge est un personnage vulnérable, mal compris, vivant avec une extrême douleur dans son coeur. Ce côté humain a fait en sorte que je n'ai pas pu le détester ou le trouver réellement horrible. Surtout lorsqu'on a la chance de voyager avec lui dans le passé grâce à l'ectoplasme.

Malgré les craintes, l'horreur, le sang et la peur, la ligne directrice du récit se base beaucoup sur la curiosité. Celle de Rebecca, celle de Scrooge qui veut en savoir plus sur le futur, sur le lecteur qui veut en apprendre le plus possible sur les personnages et sur ce qui se passe dans les rues de Montréal. C'est, à mon avis, ce qui a rendu le livre aussi bon.


Par contre, j'ai trouvé quelques longueurs et j'aurais aimé beaucoup plus d'horreur. Terry en apportait beaucoup, mais il y avait un énorme potentiel horrifique avec la boutique Scrooge & Marley que j'ai trouvée, manquait. Bien que l'ambiance soit décrite comme froide, je n'ai pas pu le ressentir. C'est le seul défaut que j'ai trouvé au texte.

Quant à la plume de L.P. Sicard, je crois que je le dis à chaque fois, mais ses constructions poétiques rendent le texte magnifique. C'est une écriture que je n'aurais jamais et dont je suis tombée amoureuse. (L'écriture hein, pas l'auteur) Il a cette façon de façonner ses phrases qui ne permet pas de se dire "ah ouais, je l'aurais écrit autrement" et c'est quelque chose de rare, mais toujours aussi agréable à découvrir.

Ce conte interdit atteint dans ma classification des favoris. J'ai été enchantée par ma lecture et je n'aurais pas pu imaginer mieux pour cette adaptation horrifique du fameux Conte de Noël.


50 vues0 commentaire

Comments


Bannière_Mione.png
bottom of page