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Au nom de l'horreur de L.P Sicard

Au nom de l'hor de LP Sicard (Éditions ADA)

« Ce qui nous effraie tant de la folie est que nous la savons en nous. »


Philippe Durand est invité au luxueux Manoir des Cimes, fidèle reconstruction d’un bâtiment bicentenaire, de même que sept autres convives.


Leur séjour ne tarde toutefois pas à devenir un effroyable cauchemar où rampe le mal et s’amuse l’horreur.


Des cadavres retrouvés disparaissent, des marques inexplicables couvrent planchers et murs, des cris résonnent au-delà des portes closes...


Complot, délire ou vulgaire jeu?


Les survivants seuls trouveront la réponse, si survivants il y a...


Je crois que c’est la 305ème critique que je fais d’un roman de LP Sicard. C’est à la limite du creepy, mais, à ma défense, ce n’est pas ma faute s’il écrit autant et surtout aussi bien. Je suis proche de lui dédier une section sur le blog tellement son nom apparaît de fois dans mes chroniques. Bref, ne cherchez pas la biographie, elle est quelque part parmi les 305 chroniques. La seule chose qui a évolué depuis la dernière fois est la publication de son roman Dead dans une collection avec Simon Rousseau et David Bédard, ainsi que son quatrième conte interdit : Scrooge (que je vais critiquer aussi en temps et lieu, alors je n’ai pas fini d’écrire le nom de l’auteur).


Aujourd’hui, c’est Halloween. Bon, au moment où j’écris ça, on n’est pas encore le 31 octobre, mais ce n’est qu’un détail. Pour vous, cher lecteur, c’est la journée des horreurs.


J’ai commencé à penser à mon spécial Halloween au mois de juillet. Je voulais trouver un roman qui sortait du lot dans les commentaires des autres. En termes de roman d’horreur, au Québec, on est garni. On m’a conseillé Patrick Sénécal bien entendu, mais je trouvais ça trop « facile » comme choix. J’ai donc commandé la deuxième œuvre qui sortait le plus du lot : Au nom de l’horreur.


Déjà, par sa quatrième de couverture, j’étais vendue. J’A-DO-RE les romans d’horreur qui se passent dans des manoirs et qu’il y a un jeu style « escape game » avec des morts et de la torture. Je ne pouvais pas demander mieux! Le genre rappelle l’œuvre mythique d’Agatha Christie, « Les dix petits nègres ».


Donc, pour faire un court résumé, Philippe Durand a une vie ennuyeuse. Il veut devenir écrivain, mais sa vie n’avance pas et il n’arrive pas à se poser pour écrire un roman. Il participe à un concours sur un réseau social nonchalamment avant d’apprendre plusieurs mois plus tard qu’il a gagné une semaine au Manoir des Cimes dont l’hébergement et le transport jusqu’en France est tous frais payé. L’ambiance est déjà installée dans le sens où le personnage se pose déjà des questions. Après la première journée, les morts commencent à s’accumuler sans que personne n’arrive à les empêcher. Il faut attendre la fin pour savoir si Philippe Durand s’en sort ou pas.


Premièrement, la plume de LP Sicard est tout simplement exceptionnelle. Je le répète chaque fois, mais la poétique de son style d’écriture a quelque chose de particulier qui fait toute la différence lorsqu’on lit un de ses romans. Ça joue sur l’ambiance, sur le contexte, sur absolument tout.


Dans ce livre-ci, il y a beaucoup de description, beaucoup de psychologie. Je ne le nie pas, on est beaucoup plus dans le questionnement et la tête de Philippe qu’on est dans l’action qui se passe dans le Manoir. Pourtant, je n’ai pas trouvé ça déplaisant. J’étais immergée dans l’histoire et les gros pans de descriptions ne m’ont pas dérangé. En fait, j’ai trouvé que le style d’écrit de l’auteur allait en concordance avec son personnage qui désire devenir écrivain, donc utilise des mots plus complexes et des phrases plus poétiques. S’il avait utilisé un langage plus familier, je crois que ça aurait sévèrement détonné.


Il y a une fluidité dans l’histoire et un sens du détail assez important. Je lisais et le personnage remarquait que quelque chose avait disparu et je ne me souvenais même pas que tel ou tel objet y était. Tout est calculé, pensé et a son utilité. Bien qu’il y ait quelques éléments prévisibles, je n’ai pas trouvé ça « trop » ou « pas assez ». Il y a une construction efficace du récit et des détails importants.


Quant à l’horreur… Je l’avoue, je n’ai pas eu peur. Mais j’étais intriguée de savoir qui allait mourir, comment, qui était le tueur. J’étais agrippée à mon livre et je ne voulais pas le lâcher, parce que l’histoire était captivante. Malgré le sang, la torture, le gore, je n’étais pas effrayé, mais ça reste de l’horreur, parce que certaines descriptions sont assez dégueulasses. [Je crois que les Contes Interdits m’ont immunisés à l’horreur] En vérité, les meurtres sont bien. Certains plus faciles que d’autres, mais j’ai quand même trouvé que certaines morts surprenaient dans le contexte de l’histoire. Une gorge tranchée, une table d’opération, un crochet, on l’a déjà vu, mais le comment du pourquoi apporte une différence plaisante.


Quant au tueur, il a une particularité que je ne peux pas dévoiler pour ne pas trop spoiler, mais j’aurais apprécié que les personnages comprennent plus rapidement.

En parlant des personnages. Il y en a huit. Soit les gagnants du concours, incluant Philippe. Le personnage principal et narrateur n’est pas attachant. Qu’il meure ou pas, à la fin, je n’y voyais pas de différence. Au contraire, je trouvais, par exemple Jade ou Thierry plus approfondi. Je trouvais Éric et Noémie détestable. Mais Philippe? Il est ordinaire. Peut-être à force d’être dans sa tête et à essayer de comprendre ce qui se passe, je l’ai perdu un peu de vue, alors que la narration se fait au « je ». Normalement je ne dis pas ça, mais je crois qu’une narration à la troisième personne aurait pu faire une différence entre le personnage et l’enquête qui se déroule au manoir. Comme il utilise le cahier pour écrire ses pensées, il n’aurait fallu que l’utiliser plus pour donner une personnalité complète au personnage principal. C’est bien entendu un avis personnel.


Également, il y a une petite erreur qui m’a fait rire à la page 62, tout en bas. Je ne sais pas si Thierry devait s’appeler William ou si l’auteur avait la tête ailleurs, mais durant une phrase, un personnage appeler William est apparu soudainement et est disparu tout aussi vite.


Pis là, spoiler alert, j’ai été déçue de la mort de Stéphanie. Oui, des personnages meurent dans le roman, dire un des huit ne vous fera pas me haïr. Je ne vais pas dire comment elle meurt, mais j’ai trouvé ça assez facile. J’ai apprécié le côté plus psychologique, mais en même temps, je ne sais pas, j’aurais imaginé autre chose.


Quant à la fin, je vais faire attention, mais je veux vous faire part d’une peur que j’ai eue en plein milieu du roman. Comme Philippe veut devenir écrivain au début du roman, j’étais terrifiée que la fin soit simplement le livre de Philippe. Je vous le dis, parce que j’ai été soulagée : ce n’est pas le cas. Merci à LP pour ça, j’aurais probablement pleuré de colère. En fait, le tueur, j’aurais préféré que ce soit quelqu’un d’autre. C’est un retournement de situation, mais pas tant une surprise. Ce sont plus les dernières pages, l’épilogue qui surprennent, car tu crois que c’est la fin, mais pas tant en même temps. Elle est « ouverte » dans le sens où une « boucle » a lieu. Juste la compréhension de ça m’a fait apprécier comment le récit se termine.


Je n’ai pas été déçue de ma lecture, j’ai vraiment adoré. Malgré les petits détails, c’est un livre agréable pour Halloween. Est-ce qu’il sort du lot du genre? Non. C’est un style qui n’est pas nouveau. Mais est-ce que c’est un livre qui fait plaisir à lire entre deux films d’horreur? Oui. C’est pour cela que je le recommande si vous avez envie de vous plonger dans une enquête horrifique. Ça aurait pu être mieux, mais c’est tout de même très bon.


Alors, bonne Halloween et, si on vous offre un voyage dans un Manoir ancestral, n’y allez pas au risque d’y laisser la vie.


Note finale :


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