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Les contes interdits - Partie 2

Les contes interdits – Partie 2 – Collectif d’auteurs – Éditions ADA



Cette partie de la critique concerne les romans : Le joueur de flûte de Hamelin, Le vilain petit canard, La petite sirène, Boucle d’or et La reine des neiges.


Concernant Cendrillon et Rumpelstiltskin la critique sera publiée dans deux semaines.


Si vous n’avez pas vu la première partie de la critique des contes interdits, je vous mets le lien ici : https://mioneimaginaire.wixsite.com/lemondeimaginaire/post/les-contes-interdits. Sachez que vous pouvez aussi trouver la critique de Peau d’âne et La belle au bois dormant dans la catégorie « Contes interdits ».


Pour ceux qui ne savent pas ce que sont les contes interdits, je remets l’explication de la partie un, ici :


Les contes interdits, comme l’indique le titre, sont une reprise des contes traditionnels dans une version plus gore et horrifique. Comme il est indiqué sur la couverture, cette collection est destinée à UN PUBLIC AVERTI. Ce qu’on y trouve peut vous hanter pendant plusieurs nuits. Faites donc attention si vous ouvrez les pages de ces romans, ce que vous pourrez y trouver pourra vous choquer et, sans spoiler, c’est exactement le but. Plusieurs des auteurs sont allés dans une critique de certains sujets de la société et de sujet complètement tabou tel que la pédophilie, le trafic d’enfant à des fins sexuelles, la zoophilie, et d’autres innombrables sujets.


Je précise à nouveau, pour ceux qui seraient tentés de lire, mais croient que les livres sont « soft » : ce n’est pas le cas. Vous voulez des détails dégueulasses de viol, de meurtre, de décapitation, de carotide arrachée avec des dents ? Vous allez en trouver. Ces livres sont pour un PUBLIC AVERTI et non pas pour les âmes sensibles ! Les livres sont 18 ans et plus ! Ce n’est pas pour rien !


Maintenant que c’est précisé, entrons dans le monde horrifique pour une deuxième fois.


 

LA PETITE SIRÈNE de Sylvain Johnson


Un père alcoolique qui tente de noyer son enfant difforme.

Un couple de monstres de foires en cavale, poursuivi par un policier corrompu, au service d’un juge pervers.

Une magnifique sirène prisonnière des griffes d’un forain sadique et qui se lie d’amitié avec un garçon homard.

Une mystérieuse attraction montréalaise, le palais des nains, qui cache des abominations, d’absurdes personnages de cauchemars aux intentions machiavéliques.


Le conte de la Petite Sirène (et son film Disney) a toujours été l’un de mes favoris, et ce, depuis ma tendre enfance. Lorsque j’ai appris la sortie du conte dans la collection, je me retrouvais, petite devant Ariel, à chanter « Under the sea ». Bien entendu, je ne m’attendais pas à trouver Sébastian ou Flounder, mais j’ai été particulièrement surprise d’effectivement retrouver Sébastian sous d’autres traits dans l’histoire !


Nous rencontrons Angela, une jeune femme atteinte de sirénomélie et son meilleur ami, Henry, qui a une malformation aux mains qui fait en sorte qu’on dirait qu’il a des pinces de homard, dans un cirque où ils sont abusés et maltraités.

De base, j’ai apprécié que l’auteur nous parle de la sirénomélie (qui est une conjonction des jambes qui donne l’impression d’avoir une queue de sirène) avant le début du livre. Cette précision donne de la crédibilité à l’histoire, une chose que j’apprécie énormément dans les contes !


J’avais commencé le livre il y a longtemps et j’ai lâché après les quarante premières pages, je n’arrivais pas à rentrer dedans. Je me suis relancé plusieurs mois plus tard et cette fois-ci je l’ai complété.


Même si l’histoire semble crédible et contient des moments particulièrement dégueulasses à l’image mentale, je n’ai pas été totalement impressionné par le déroulement de l’histoire. J’ai eu l’impression que l’auteur est allé un peu dans la facilité et la fin, je l’ai trouvé particulièrement décevante, mais je l’ai tout de même comprise. J’avais espéré qu’après toutes ses épreuves, Angela aurait une vie qu’elle méritait, mais ce ne fut pas le cas et je vous laisse découvrir pourquoi et comment. La fin se comprend dans le sens où le personnage a tout donné et comprend son destin. Moi qui ai adoré le personnage, j’avoue avoir été très triste de son sort.


J’ai également aimé les petites allusions à travers le roman. LP Sicard devient PL Simard, la comtesse qui nous parle de la trilogie Les Yeux jaunes d’Yvan Godbout et l’apparition du personnage Peter Wolf (protagoniste de Les 3 petits cochons) à la toute fin est une surprise en soi.


Cependant, j’ai également des points négatifs. J’ai eu beaucoup de difficulté avec l’écriture de l’auteur (j’en parlerai un peu plus dans la critique suivante), mais également parce qu’il y a deux incohérences en nom qui m’ont rendue confuse. On parle de Claudia qui se serait fait opérer pour devenir une naine et plus tard dans le roman, on nous dit que c’est Tania qui a été opérée. Également, lors de la fuite dans les égouts avec Marcus, le narrateur dit que Martin est en train d’expliquer, alors que Martin n’est pas dans la scène (SPOILER : Il est mort, alors difficile d’expliquer quoi que ce soit). Ces deux incohérences ont fait que j’ai dû arrêter ma lecture pour revenir en arrière vérifier si j’avais bien lu.


En général, j’ai apprécié l’absence du surnaturel et que nous sommes bel et bien restés dans la crédibilité, mais le livre ne se place ni dans mon top 5 des préférés ni dans le top 5 de mes moins aimés. C’est un bon livre, mais il ne m’a pas impressionné plus que ça, alors de ce côté, j’ai été un peu déçue, espérant plus pour mon conte danois favori.


 

LE JOUEUR DE FLÛTE DE HAMELIN de Sylvain Johnson


Une jeune femme violemment agressée et laissée pour morte par trois monstres sur une plage de la côte du Maine.

Un petit village touché par des disparitions multiples et des cérémonies païennes cauchemardesques.

Un shérif lugubre et alcoolique, incapable de mettre fin au fléau.

Un tueur en série libéré, puis recruté afin de trouver la bête sévissant dans le parc de l’Océan.

Une enseignante à la beauté d’Aphrodite qui sacrifie tout pour sauver les siens.


Honnêtement, j’ai été mitigé sur mon appréciation du roman tout le long, jusqu’à la fin. Jusqu’à la toute fin, je détestais le livre et me disais que ça ne faisait absolument aucun sens et à quel point c’était horrible. J’avais même failli abandonner, mais j’ai continué, car j’étais curieuse d’avoir une explication. Sans explication, je crois que le livre aurait fini premier dans mon top 5 de ceux que j’appréciais le moins. Puis, l’explication est apparue et le roman a soudainement pris tout son sens et il a escaladé les échelons pour venir se placer non loin de La petite sirène. Pas adoré ni détesté. Laissez-moi vous expliquer ce que je veux dire.


Premièrement, j’aime quand les contes ont une certaine crédibilité ou vraisemblance. J’aime m’imaginer que les événements peuvent avoir réellement lieu dans notre monde, ce qui rend les contes encore plus horrifiques. Alors, en embarquant dans le roman, je me rends rapidement compte qu’il y a un air de magie qui ne me plaisait pas.


De plus, le personnage principal était à mes yeux, juste correct. Un personnage qu’on n’aime pas, mais qu’on ne déteste pas. Il est banal, quoique mystérieux.


Ce qui a commencé à me faire décrocher, c’était qu’il y avait beaucoup d’éléments qui étaient prévisibles (sauf la fin-fin). Les trois hommes qui ont agressé la femme au début du roman, on comprend assez rapidement que l’un des personnages principaux est impliqué. Quant au crime de Denis, même si on laisse planer le doute, on comprend rapidement qu’il n’est pas du tout innocent. Puis, lors de la disparition de la fille du shérif, tu commences un peu à comprendre le but derrière l’histoire en reliant les éléments prévisibles. Rendu au moment où Denis découvre la photo, j’avais déjà découvert la fin (avant la fin-fin) et ça m’a un peu déçue. J’aurais aimé m’être trompé.


Un autre élément que j’ai moins apprécié, c’était l’écriture dans sa forme. J’avais eu quelques difficultés par moment dans La Petite Sirène, mais dans celui-ci, j’avais vraiment l’impression de moins comprendre les phrases. Bien entendu, c'est quelque chose de personnel ! Je ne dis pas que l'auteur écrit mal, ce n'est pas du tout ce que je dis ! J’étais un peu confuse dans ma lecture, mais cette fois-ci non pas pour le fond.


Également, j’ai eu l’impression que certains éléments du roman étaient mal placés. Faire apparaître Marc au milieu du roman, hors de nulle part pour le faire réapparaître à la fin, je n’ai pas du tout aimé. Je me suis même demandé s’il était si nécessaire au récit. Je crois qu’il aurait facilement pu être remplacé. Même s’il représente le passé de Denis qui le rattrape, faire apparaître Marc en plein milieu d’une enquête qui nous tient en haleine, pour ne plus en parler jusqu’à la presque fin, j’ai trouvé ça moyen.


Ce que j’ai apprécié en premier a été le personnage de Marie Dupuis. Bien qu’elle soit mystérieuse et pas « toute là », j’ai vraiment aimé les émotions qu’elle dégageait. On y a ressenti du désespoir, de la haine, de la tristesse, mais également de l’impuissance qu’elle éprouvait. Même si j’avais aimé un plus grand rebondissement pour sa fin à elle, j’ai également compris pourquoi l’auteur avait choisi de la laisser partir sans plus. Un autre élément que j’ai apprécié, c’est que l’auteur n’est pas allé dans le trash ou le gore inutilement. L’histoire est horrifique, mais elle ne nécessitait pas de moment dégoûtant au point d’en avoir mal au cœur (comme dans La Petite Sirène, par exemple). Au lieu de tomber dans la facilité du gore, il est resté dans l’horrifique, sans trop de détail et ça m’a fait apprécier plusieurs moments du livre. Si ces moments avaient été plus détaillés, forcé pour être dégueulasse, ça m’aurait déplu. C’était, à mes yeux, décrit parfaitement. Tout pour te faire peur, mais pas assez pour que tu te vomisses dessus.


Dernier élément que j’ai ADORÉ est la fin-fin. Retournement de situation totale, holy shit what is going on, dès que tu vois la date. Sur le coup, j’ai relu la date plusieurs fois pour tenter de comprendre. Rendu là, j’étais déçue de ma lecture. L’élément paranormal des monstres m’avait rebuté un peu. C'est sûr que je m’attendais à un peu de « magie » avec la musique de la flûte comme dans le conte, mais je m’étais imaginé à une drogue, un peu comme dans Peter Pan ou encore à un air psychédélique qui rendait les gens fous. Je n’avais pas tout de suite pensé à la magie, alors quand elle est arrivée, en évidence, j’étais déçue. Puis, la date apparaît, le nom également et tu te dis : mais comment est-ce possible ? On fait un saut vers l’inconnu et on donne une explication à cette magie. Une révélation que je n’avais pas vue venir et qui faisait tout son sens. Qu’on y croie ou pas, de mon côté, je crois énormément aux pouvoirs psychiques de certaines cultures, alors pour moi, ce fut une évidence absolue et une explication « vraisemblable » (on s’entend que des monstres qui te bouffe dans l’océan ce n’est pas réel, mais vous comprenez ce que je veux dire) à tous les éléments mystérieux qui ont eu lieu dans le roman. Cette explication a fait en sorte que j’ai remis en question ma lecture et que j’ai fait une petite moue d’appréciation en fermant le livre.


Alors, comme j’ai dit au début, il se place aux côtés de La Petite Sirène. Bon roman, mais pas impressionné. J’ai particulièrement hâte de lire Cendrillon malgré tout !


[EDIT après ma lecture de Cendrillon. Je sais que j'ai peut-être été un peu négative envers Sylvain pour ses deux premiers contes, j'y suis allée avec un ressenti PERSONNEL, je le précise. Mais patientez jusqu'à la critique de Cendrillon, car... WOAH.]


 

BOUCLE D’OR d’Yvan Godbout


Une fillette égarée dans un monde qu’elle ne reconnait pas.

Un papa ours dissimulant peut-être l’horrible croquemitaine.

Une maman ourse tourmentée cherchant à protéger ses petits.

Un ourson prisonnier d’un cauchemar débuté bien avant sa naissance.

Une âme vengeresse n’ayant pas dit son dernier mot.


À la demande précise d’Yvan de garder le secret que referme son deuxième conte interdit, je vais faire attention lors de ma critique. Honnêtement, je ne sais pas pourquoi ça m’a pris autant de temps lire ce conte. Je l’ai acheté à sa sortie, il me regardait, je le regardais, mais je n’arrivais pas à le lire. Je savais qu’il y avait un secret dans ce conte et surtout après l’affaire Hansel et Gretel, j’étais curieuse. Pourtant, j’étais incapable de le faire. Est-ce que c’est par peur ? Pas peur de l’histoire, mais peur de dire au revoir à un auteur dont j’apprécie la plume. Je me doute (et doutais) qu’Yvan n’écrirait pas d’autre conte dans la collection et probablement pas d’autres romans avant un moment. Je sais qu’il me reste Olivier et sa trilogie Les Yeux jaunes à lire, mais c’était plus fort que moi. J’avais l’impression de lire un « au revoir » de la part d’Yvan, à la collection, à la littérature québécoise. Je ne voulais pas le lire pour retarder ce moment peut-être ? Ce sentiment ? C’est tellement absurde, je le sais, mais je ne pouvais m’en empêcher. J’ai finalement sauté le pas et je n’ai pas regretté, car j’ai adoré Boucle d’or.


Dès le début, le personnage principal dont le nom nous est encore inconnu est venu chercher mon petit cœur. J’avais peur pour elle, j’avais envie de la prendre dans mes bras. Toutes les petites subtilités qui mettent le doute tout au long du roman, du moins jusqu’à la révélation du secret, j’ai adoré. Les indices qui te font croire à quelque chose, pour finalement que ce ne soit pas ça et que BOOM double révélation. Je suis resté choqué devant mon exemplaire à l’annonce de la radio. Pourtant ça avait tellement de sens ! J’étais fâché de ne pas l’avoir compris avant.


Après que les secrets sont dévoilés, on rentre dans le « dégueulasse ». Les détails sanglants de ce qui arrive aux personnages un après l’autre, la peur qui te prend dans les tripes, le désespoir que tu as en voyant les mouches tombées une à une. Une grosse pensée pour Lili qui m’a fait beaucoup de peine.


Et j’aimerais également parler d’un côté de moi qui est ressorti à la fin de ma lecture. Certains le savent, j’ai beaucoup d’amour pour les animaux, beaucoup plus que pour les humains, je ne sais pas pourquoi, ne me le demandez pas ! Alors je lisais et d’un coup, l’auteur décrit le meurtre d’une fillette dans les détails, super sanglant et dégueulasse. (Je suis choquée légèrement, ça reste une enfant, mais bon, il y a un avertissement, donc j’avais conditionné mon cerveau à savoir que ça pouvait arriver) Je n’ai aucune émotion, je continue ma lecture. Puis, il décrit la mort d’un animal. Je me suis mise à pleurer comme un enfant à qui on refuse un jouet chez Toys R Us. Ce n’était pas correct ! Et deux fois en plus !! C’était horrible… J’aurais bien aimé qu’Yvan les laisse en vie. La fin est surprenante, tu ne t’y attends pas et tu es assez triste. Tu te rends compte que ça va être le bordel, mais que tu n’auras jamais de suite de ça, alors tu te l’imagines. Le fait que ça ne finisse pas bien du tout, j’ai apprécié. Les fins où ça finit « correct » ou lorsqu’il y a un retour à la normale, c’est prévisible et majoritairement utilisé. Ici, plus rien ne sera jamais normal ou tranquille. Watch out l’apocalypse. Heil Satan, j’ai même envie de dire.


En plus de tout ça, l’écriture d’Yvan me plaît énormément. Il a cette façon poétique et mélodieuse de composer ses phrases. Je dirais qu’en terme de forme dans les contes interdits, Yvan et LP sont mes favoris. Ils arrivent à écrire quelque chose de si beau, dans un fond particulièrement horrible. Quand j’ai lu Hansel et Gretel, c’est ce que j’avais apprécié chez Yvan, mais dans Boucle d’or, j’ai encore plus adoré son style. La mise en place de ses mots laisse place à une escalade effrénée des émotions et des qualificatifs. On met l’emphase sur des éléments importants en les isolant.


Le seul élément que j’ai un peu moins apprécié c’est l’explication du pourquoi le personnage de Marge devient « possédé ». J’aurais aimé un peu plus de détail et voire même un retour en arrière pour une explication (un rituel qu’on n’aurait pas vu ailleurs par exemple), au lieu de juste une apparition progressive dans la tête de Marge.


Alors qu’Hansel et Gretel étaient dans mon top 5 des favoris, je me suis vu obligé de le remplacer par Boucle d’or. Si je devais choisir entre les deux, je prendrais celui-ci sans hésiter. J’ai aimé Margot et Jeannot, mais la petite Marina a quelque chose de spécial qui m’a beaucoup plu.


 

LE VILAIN PETIT CANARD de Christian Boivin


Un informaticien orphelin aspirant à une vie plus palpitante, qui ne trouve le réconfort que dans les jeux vidéo.

Une intrigante voisine aux mystérieuses sorties nocturnes.

Une bande de marginaux dirigée par un personnage controversé se faisant appeler Démon.

Un nightclub clandestin recelant un passage vers l’antichambre de l’enfer.


Si vous avez lu la première partie, vous savez que Les 3 petits cochons, écrit également par Christian Boivin est mon préféré de la collection. Je ne vais pas tourner autour du pot, son deuxième fut celui que j’ai le plus détesté. Ça m’a pris beaucoup de temps le terminer, je n’arrivais pas à rentrer dedans et en le finissant, j’ai lâché un soupir de soulagement, car il était enfin terminé et je pouvais l’oublier. Ça m’a énormément surprise, car j’avais si hâte de le lire, moi qui avais adoré le premier conte écrit par Christian ! Mais là, je n’y arrivais pas.


L’élément premier pour lequel il y a eu un problème entre le livre et moi-même, a été son manque total de vraisemblance. Je sais que ce n’est pas un critère absolu pour l’écriture des contes et que certains peuvent apprécier, mais moi, comme je dis depuis le début de cette partie deux, c’est quelque chose que je n’aime pas. J’aime quand l’histoire est crédible et vraisemblable. C’était donc évident que lire un conte où le personnage devient un vampire n’allait pas me plaire. J’espérais sincèrement une fin comme je les déteste : il se réveilla et se rendit compte que tout ça n’était qu’un cauchemar. Je ne pouvais pas croire que c’était réellement l’histoire du conte. Je m’attendais à tellement plus !


Quand j’ai commencé le roman, j’adorais l’histoire, je m’attendais à un personnage qui devient psycho et s’attaque à son lieu de travail qu’il commence à détester, pour faire un jeu à la Décadence avec ses collègues, devenant ainsi le « mouton noir », le vilain petit canard. Ça aurait été absolument débile mental, surtout sachant de quoi l’auteur est capable ! Alors quand l’histoire de vampire est apparue, je ne l’ai pas compris et je ne le comprends toujours pas. Il y avait tellement de possibilité, surtout avec le conte, alors des vampires… pourquoi ?


Alors que certaines critiques que je suis allé voir par la suite disaient que le tout était « pitché » dans le roman et que ça déboulait, moi j’avais l’impression que ça traînait en longueur et que ça faisait absolument aucun sens. Et la fin, je n’en parlerais même pas. C’était d’une facilité…


Si on est surpris par le personnage d’Abraham, la « révélation » qui est censée être époustouflante m’a fait ouvrir la bouche de choc, mais pas dans le bon sens. Je ne pouvais pas croire que l’auteur avait usé de cette facilité pour créer la fin, surtout avec toutes les possibilités qui était possible de faire, avec ou sans les vampires !


Je l’avoue, j’étais abasourdie. Le pire dans tout ça, c’est que même après ma lecture, je cherche le lien entre le conte, l’histoire du conte et l’histoire du conte interdit. Je ne vois aucun lien. À aucun moment Clay n’est un vilain petit canard. Ni dans sa vie de tous les jours ni dans la troupe de vampires. Il existe, il « vit », il avance, il devient. La déception était grande, parce que non seulement les vampires n’avaient aucun rapport, le livre est à mes yeux, complètement à côté de la plaque concernant le conte. Où est l’inspiration ? Où est l’idée ? Je ne la vois pas.


J’ai vu ce que Christian Boivin peut écrire. Les 3 petits cochons a été spectaculaire, l’écriture de l’auteur est superbe, il arrive à créer d’excellentes histoires, c’est un très bon auteur de talent, mais pour ce conte, je suis navré, mais c’était un échec à mes yeux. J’aurais aimé dire que je n’ai pas aimé, parce que j’avais de grandes attentes à cause du premier conte, mais même pas. C’est l’histoire qui m’a rebuté, non pas l’écriture. Je sais que l’auteur aurait pu faire quelque chose de grandiose, mais, selon moi, il est passé à côté.


 

LA REINE DES NEIGES de Simon Rousseau


Le meurtre immonde d’un prêtre dans un pensionnat autochtone, au début des années 1970.

L’inconcevable suicide du grand-père d’une journaliste prête à tout pour faire éclater la vérité.

Un chamane amérindien banni de sa communauté, reclus au coeur d’une forêt mystique.

Une entité ancienne née du froid et de la famine, prête à rétablir son pouvoir sur son royaume de glace.

Une effroyable légende, oubliée de tous…


Ne connaissant pas le conte de la Reine des Neiges, je suis un peu rentré dans l’histoire en me dirigeant vers l’inconnu. Je savais qu’on s’éloignerait du film de Disney, alors après le quart du roman, j’ai décidé d’aller lire la version originale d’Andersen. Je me suis remercié de l’avoir fait, car j’ai découvert plusieurs parallèles qui m'auraient échappés.


Quand j’ai vu la note de l’auteur, comme quoi il utiliserait certains noms du Disney, l’enfant en moi espérait voir apparaître Olaf à un point dans l’histoire. J’ai été déçue de me rendre compte que Olaf ne faisait pas parti du récit. Pauvre Olaf.


J’ai adoré l’histoire. Malgré un côté invraisemblable, chose que je n’aime pas d'habitude, le fait que ce soit basé sur une légende amérindienne lui a donné un côté un peu plus crédible. Comme Le joueur de flûte de Hamelin, on m’a donné une explication sur la « magie » ce qui a rendu le côté extraordinaire acceptable.


Un élément qui m’a plu, c’est d’avoir mis en parallèle un conte difficile à modifier (surtout après Disney!) avec les évènements horribles des pensionnats autochtones des années 60-70. Ce sujet, déjà horrible en soit, mettait une ambiance lourde au texte, mais une bonne lourdeur. On se sent impuissant, on s’en veut, en tant que personne blanche, à cause de nos ancêtres. On s’attache rapidement aux personnages de Jean et Elsa, mais également à Émile, le grand-père du personnage principal.


Un autre élément que j’ai apprécié, est que l’histoire se passe en douceur et de façon progressive. On n’est pas dans l’horreur tout de suite et les événements « magiques » n’arrivent que vers la fin, alors que le monstre prend de l’ampleur, petit à petit à travers le roman. On s’y en attend un peu, à cause de deux indices : le froid et la faim. Ils sont la base de tout ce qui se passe dans le livre. Ainsi, on arrive à identifier les personnages qui ont été touchés par la légende amérindienne.


Cependant, je n’ai pas aimé le personnage d’Anna, qui se trouve à être le personnage principal. J’ai détesté sa façon de s’exprimer, autant envers sa grand-mère, qu’envers tous les personnages du récit. Sa personnalité m’a déplu et je n’ai aucunement été triste de son sort. De plus, en tant que journaliste, elle manque beaucoup de courage, selon moi. Elle qui explique que ses cours manquent d’action et qu’elle veut être dans le vif du sujet, elle est prête à reculer à plusieurs moments où ça devient plus difficile. Un journaliste devrait être capable de mettre sa vie en danger pour son sujet, alors enquêter sur le suicide d’un proche ne devrait pas la faire douter autant. Bien entendu, la peur te prend, surtout quand tu te rends compte que tu es face à une entité qui n’a rien d’humain, mais je parle surtout de la confrontation avec Yan, l’autochtone.


Également, je suis un peu déçue que nous n’ayons pas eu plus d’information à propos du père d’Anna. Ils ne se parlent plus, il est en France, il est fauché, il a quitté Amos, d’accord, mais encore ? Qu’est-ce qui a fait en sorte qu’il quitte le pays et son enfant ? Il a été père jeune, je le comprends, mais je ne sais pas… j’aurais bien aimé qu’Anna appelle son père durant l’histoire pour lui en parler ou une interaction avec lui, avoir un peu plus de détails.


Sans mauvais jeu de mots avec l’histoire, j’ai dévoré le livre. Malgré quelques petits accrochages, j’ai apprécié ma lecture et à la fin, j’ai regardé ma liste d’appréciation, me demandant si je le mettais dans mon top 5 ou pas. Finalement, il a pris la 6e place. Proche, mais il y avait trop de détails qui m’ont empêché d’en déloger un autre.

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