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#Sanstabou de Collectif d'auteures

#Sanstabou de Collectif d’auteures (Éditions de Mortagne)


1 roman, 4 histoires sur des sujets qui touchent les préadolescents.

#Sanstabou est la « petite sœur » de la Collection Tabou. On adresse dans ce livre des sujets qui peuvent toucher les préadolescents (préadolescentes dans le cas de cet ouvrage) et se réserve un public légèrement plus jeunesse que sa grande sœur qui frôle le jeune adulte. J’ai pris le livre parce que j’étais curieuse des histoires évoquées et même si j’ai clairement dépassé l’âge des protagonistes, je voulais faire un saut dans le passé. Je voulais surtout voir si moi, à l’âge des filles, aurais-je eu besoin d’un livre comme #Sanstabou pour faire face à mon adolescence ?


Il faut savoir « qu’à mon époque » et encore aujourd’hui, les Tabou n’étaient pas encore là et encore moins les livres parlant de sujets sensibles pour les préadolescents et les adolescents. On avait à l’époque ce que je considère comme le pire livre ever à exister en termes de malaise et de « je n’ai pas besoin de ça, wtf pourquoi ? » et c’est Le Dico des Filles*. Avec ce livre, je n’ai pas appris, j’avais l’impression de devoir rentrer dans un moule de paillette et de rose bonbon. (Ce livre a été critiqué par beaucoup de gens, c’est une horreur, n’achetez jamais ce livre.) La raison pour laquelle j’en parle c’est que le livre critiqué ici est à l’inverse total de ce que j’ai vécu. En fait, j’aurais adoré avoir un livre comme #Sanstabou à 12-13-14 ans. Mais non. En 2009, on n’était pas encore rendu à l’étape de parler ouvertement des sujets choquants avec les adolescents. (Presque ! Mais pas encore). Et quand c’était fait par les livres, ce n’était pas toujours approprié. Et il y a des sujets qui sont passés un peu à côté. Surtout pour les filles je dirais. Les garçons ont quelques conversations gênantes à avoir avec leur père dont le : ne met pas une fille enceinte s’il te plaît, mais ça se résume à peu près à ça. Alors que nous les filles ont a la discussion des menstruations, de la poitrine, de la contraception, de la grossesse, des changements d’humeurs, du consentement sexuel, des agressions sexuelles, du harcèlement, du sexisme et autres sujets en très grand nombre. C’est pourquoi un roman comme celui-ci peut aider les jeunes filles (et les jeunes garçons à comprendre leurs amies et camarades de classe) à traverser ce qui est à mon avis : le pire moment de la vie. J’ai nommé : l’adolescence.


Dans #Sanstabou on y retrouve quatre histoires ayant son propre « petit » tabou : les seins qui poussent, l’acné, les menstruations et un parent en dépression. Ce sont des sujets que je ne verrais pas dans un livre tabou tout seul (sauf peut-être le dernier, j’en parlerai plus bas). Alors j’ai vraiment apprécié ces récits. Également, je sais que j’ai passé l’âge du public cible. Les menstruations et les seins qui grossissent ont passé le cap de la découverte depuis belle lurette. Mais je me suis mis dans la peau de l’ancienne adolescente que j’ai été.


Vous trouverez ci-bas, une critique pour chacune des histoires.


 

Tamara – 32C – Fannie Therrien

Être une des plus grandes de mon âge ne m’a jamais dérangée. Et je n’ai pas été traumatisée quand j’ai eu mes premières règles, la veille de mes onze ans. Ce qui me complexe, ce sont mes seins. Ils sont ÉNORMES ! C’est pour ça qu’il y a un peu plus d’un an, j’ai changé de look et adopté le style tomboy. Pour ne rien laisser paraître. Parce que, si les gars de ma classe les remarquent, je suis fichue !


Je vais y aller de but en blanc, c’est l’histoire que j’ai le moins appréciée. Je ne critique pas la plume de l'auteure que j'ai beaucoup aimé, mais plus le récit. Malgré le courant de l’intimidation qui guette l’histoire, car Tamara se voit être rit d’elle à cause de sa poitrine « trop grosse » pour son âge, il manquait quelque chose d’important à l’histoire. Il manquait une petite once de maturité. Pas que l’histoire est immature, non, mais ça faisait plus enfantin que je ne me l’imaginais. Peut-être est-ce parce que les personnages sont très jeunes et sont encore à l’école primaire qui donnait cette impression. J’aurais aimé que quelqu’un demande à Tamara si elle avait des problèmes de dos à cause de sa grosse poitrine et des dangers d’une telle croissance à son âge. J’aurais aimé qu’elle ait une discussion avec ses parents, qu’ils prennent plus de place. J’aurais vraiment aimé qu’on explique pourquoi certaines jeunes filles sont plus propices à grossir des seins rapidement ou à avoir une puberté précoce.


Les personnages étaient charmantes, l'histoire avait du sens, l’auteure écrit très bien et met en place son récit correctement. J’ai surtout eu l’impression qu’il manquait d’éléments importants à son histoire. Il y avait selon moi, beaucoup de potentiel, mais il manquait trop de détails pour rendre l’histoire informative pour les jeunes adolescentes qui vivent l’histoire de Tamara.


Cependant, pour le côté intimidation, courage et espoir, j’ai adoré comment l’auteure a tourné le tout, afin de présenter une belle fin parlant d’acceptation de soi.


Note finale :



 

Rosalie – Face de pizza – Emilie Turgeon

Des boutons, j’en ai une collection. Je pourrais ouvrir le Musée de l’acné et imposer un tarif d’entrée ! Donc, chaque fois que mes amies se plaignent de leur unique bouton prémenstruel… eh bien… ça me fait suer. Si c’était ma face de pizza qu’elles voyaient dans le miroir, est-ce qu’elles pleureraient, comme je le fais parfois ? Est-ce qu’elles refuseraient de sortir de chez elles comme moi, certains matins ?


Ce que j’ai bien aimé de ce récit-ci est l’humour qu’il y a eu du début à la fin. Le personnage paternel a été un de mes coups de cœur des quatre histoires. Le fait de mettre de l’humour dans un texte à l’histoire sérieuse apporte une dédramatisation importante. Je n’ai jamais eu d’acné comme Rosalie, mais au moindre bouton, je paniquais. J’avais toujours les mains dans la face, ce qui empirait mon cas. Alors j’ai beaucoup aimé que l’auteure parle des possibilités qui s’offrent à l’adolescente, j’ai aimé aussi qu’elle parle de traitement et surtout des effets secondaires. C’est un sujet que peu abordent. L’acné est difficile durant la période de l’adolescence, car plusieurs pensent que c’est une mauvaise hygiène (c’est pour cela que Rosalie en a honte), alors que c’est simplement les pores de peau qui ont de la difficulté à cause du sébum et des hormones. Même avec un bon traitement pour la peau, des boutons, ça peut arriver, c’est le seul détail qu’il manquait selon moi à ma lecture.


J’ai vraiment aimé que l’auteure en parle si ouvertement, parle de la gêne occasionnée, des peurs et que ce n’est pas un « traitement miracle », il y a des inconvénients.


Le seul point négatif que j’ai un peu moins apprécié du récit, c’est la tournée chez Sephora. Ce n’est pas toutes les adolescentes qui ont des parents assez riches pour les approvisionner chez Sephora. Même si l’auteure a précisé qu’il y avait de bons produits en pharmacie, plusieurs peuvent penser que les produits de Sephora, dû au name brand pourrait être meilleur.


Note finale :




 

Livia – Dans le rouge – Joannie Touchette

Je viens d’avoir mes premières règles, à quatorze ans, en plein cours de français. Je capote ! Je ne peux pas compter sur ma gang de boys pour m’aider… Et encore moins sur mon père, qui m’élève seul depuis que ma mère est partie vivre à des milliers de kilomètres d’ici. Il paraît que c’est la chose la plus normale qui soit, de devenir une femme, mais je ne sais pas quoi faire !


Je crois que cette histoire-ci mérite d’être lu autant par les jeunes filles que les jeunes garçons. Le fait que l’auteure inclut des adolescents qui sont répugnés par les règles, par des hommes qui sont mal à l’aise de simplement savoir que les menstruations existent, explique qu’il y a un travail qui ne s’est pas fait chez nos collègues masculins. Il manque de discussion avec ceux-ci pour expliquer la nécessité des menstruations et quoi faire s’ils voient une fille qui a ses règles. Oui c’est du sang, oui ça provient d’un vagin, mais c’est naturel. Elle n’a pas la peste, elle risque probablement, comme Livia, d’être terrifiée et honteuse. Je crois que la majorité des filles qui débutent leurs menstruations ont peur et ont honte. Plusieurs ne savent pas comment utiliser les éléments hygiéniques et j’ai adoré que l’auteure parle de plusieurs options, soit les serviettes, les tampons et la coupe menstruelle. Chacun a le choix selon ses préférences hygiéniques. Bref, pour revenir aux garçons. Il est important de les éduqués sur comment aider leurs camarades de classe, si, par une malchance épouvantable, celle-ci se retrouve mal prise, ou aider une collègue de travail, aider n’importe qui. Que ça ne va pas leur déranger d’aller chercher une boîte de tampon à la pharmacie pour leur blonde plus tard, parce que oui, même à vingt-cinq ans, sachez que certains hommes ont honte d’aller chercher des tampons ! Ils pensent quoi ? Que la caissière va se demander s’il va se les rentrer dans le derrière ? Non. Ça n’arrive pas.


Alors une histoire de menstruation où la majorité des personnages sont des garçons, j’ai trouvé ça absolument génial. Il y a une éducation qui s’est faite. J’aurais simplement aimé que le frère de Livia fasse partie du décor et qu’il l’aide ou quelque chose dans le genre. Il a été évoqué et oublié, ce que j’ai trouvé dommage.


L’auteure arrive vraiment à démystifier les stéréotypes des règles tout en éduquant les adolescentes et les adolescents. C’est une réussite à tous les niveaux. Maintenant, il ne reste plus qu’à tous se faire un kit de survie. (Il est nécessaire mesdames. Pour ces messieurs, faites-le pour les femmes de votre entourage : advil, sac magique, serviettes hygiéniques, et une barre de chocolat. Si c’est pour votre conjointe, elle vous remerciera la semaine suivante)


Note finale :




 

Florence – Toucher le fond – Ariane Charland

Chaque fois que je me lève, je me demande à quelle version de ma mère je devrai faire face. Hier, c’était à « pantoufles et yeux bouffis ». Parfois, c’est à la « lionne en cage ». Chez ma mère, la dépression prend plusieurs visages, qui exigent tous que je mente à mes proches et marche sur des œufs en permanence. Disons que faire mes devoirs et étudier pour mes examens ne sont plus tellement mes priorités.


Ceci est l’histoire qui a mon avis, aurait mérité un tabou entier. Pas juste le sujet, non, je parle de l’histoire en entier, avec Florence, sa mère, tout. Ce n’était pas assez long et pourtant, les émotions que j’ai vécues là sont venues me fouetter directes au cœur. J’ai pleuré, alors que je trouvais au début que je n’avais pas l’âge pour ce livre. Le récit est émouvant, mais surtout déstabilisant. C’est un sujet difficile et les réactions de la mère de Florence, je les ai vécues moi-même et j’ai vécu quelqu’un les vivre. Ce n’est pas facile et l’impuissance est bien présente lors de la lecture. J’ai trouvé ça important qu’on parle des symptômes, des moyens de s’en sortir et surtout que l’auteure montre que son personnage principal n’est qu’une adolescente. Dès le début, on sait que quelque chose cloche, car une adolescente, même en voie d’être responsabilisé, ne devrait pas être une adulte. Ne devrait pas être la mère de sa mère. Le fait que l’auteure ait mis en place Florence dans cet univers d’adulte, tout en lui gardant un cœur d’adolescente, voire même d’enfant, a, selon moi, fait toute la différence.


On sait que les choses vont empirer, mais ça fait toujours mal de le lire. J’aurais aimé que le père soit plus présent dans l’histoire, j’aurais aimé qu’il fasse quelque chose de plus, au lieu de laisser sa pauvre enfant dans un milieu dangereux, surtout qu’il savait que c’était récurrent. On sent bien la peur, mais il en manquait un petit peu d’évoquer. La peur du suicide par exemple. La dépression ne mène pas toujours à ça, mais ça peut arriver, surtout en période d’intense colère. La mère de Florence avait ses passes, ce que j’ai adoré qu'elles soient évoquées, mais il manquait toujours la conséquence à la fin.


Cependant, juste pour les émotions, la construction de l’histoire, j’ai été capable de passer par-dessus les détails que je trouvais manquants.


Note finale :





En terme général, #Sanstabou est un livre que je crois essentiel dans la bibliothèque des préadolescents et adolescentes, même je dirais chez les adolescents, adolescents tout court. Si vous avez des enfants entre dix et seize ans, ou des membres de votre famille proche dans ces alentours d’âge-là, c’est un livre que je vous conseillerai pour mieux comprendre certains aspects qui peuvent être difficiles à discuter, même en 2020.


Choisissez #Sanstabou pour l’éducation de vos jeunes filles.

*Je précise que « Le Dico des Filles » N’EST PAS « l’ABC des Filles » de Catherine Girard-Audet ! Ne vous mélangez pas.

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