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Famille royale de Stéphane Rousseau


TITRE : Famille royale

AUTEUR : Stéphane Rousseau

ÉDITEUR : KO Éditions


GENRE LITTÉRAIRE : Autobiographie

NOMBRE DE PAGES : 264


RÉSUMÉ : Famille royale dresse le portrait d'une famille atypique et aimante. Une famille qui navigue entre le dysfonctionnel et la magie; l'usine et les campings nudistes; les maladies incurables et la fête; les non-dits et la boisson; la classe moyenne et les succès fou d'un fils-vedette.


Dans ce récit autobiographique cru et lucide, mais empreint d'une profonde tendresse pour les siens, Stéphane Rousseau raconte l'histoire d'un petit garçon qui, malgré les drames qui se succèdent dans sa vie, choisit de faire rire les autres, ouvrant la voie à l'homme, à l'artiste et au père qu'il est aujourd'hui.

 

Comme ce livre est une autobiographie, je ne lui met pas de note.


MON AVIS :


Je n’ai jamais accroché aux biographies des célébrités, car, bien honnêtement, leur vie ne m’intéresse pas. Je peux apprécier le travail de l’artiste sans avoir le besoin de savoir quelle marque de sous-vêtements il porte. Néanmoins, certains se distinguent et attisent assez ma curiosité pour atterrir dans ma bibliothèque. Ce fut le cas pour cette autobiographie de l’humoriste Stéphane Rousseau. Je suis une grande admiratrice de son travail. Je n’ai jamais eu la chance d’aller le voir en spectacle, mais j’ai pu le découvrir via son One Man Show de 2006 en DVD (Ben oui, car avant ça j’étais trop jeune pour écouter ses blagues) et ses apparitions à la télévision. J’ai même suivi assidument son talk-show que je trouvais hilarant. Bref, c’est mon genre d’humour, donc, lorsque j’ai su qu’il publiait un roman qui retraçait son parcours, en tant qu’humain, en tant que fils, frère et ami, j’ai été curieuse.

Okay, on va aller straight to the point: le livre est très bon, bien écrit, mais… j’ai été traumatisée. À travers les sourires, les rires et à certains moments même les joues humides, j’ai lâché plusieurs what the actual fuck.

Maintenant que c’est dit, laissez-moi vous expliquer plus en profondeur mon appréciation littéraire.


J’ai aimé la façon dont l’œuvre était écrite, ayant plusieurs fois l’impression d’entendre l’auteur sur certaines expressions. Même s’il mentionne souvent qu’il n’excellait pas à l’école, ça ne paraissait aucunement dans le texte. Les termes étaient bien utilisés, la construction narrative était personnelle, intime, imagée. Il y a un véritable travail d’écriture et d’édition que j’ai su apprécié. Aussi, le fait que le roman soit structuré avec de courts passages anecdotiques aidait au rythme de lecture. Parfois les thèmes se rejoignaient, parfois non. J’aimais ce contraste sur certains points, mais puisque ce n’était pas tout à fait linéaire, j’avais de la difficulté à situer quelques souvenirs au temps où ils se déroulaient. De plus, comme de nombreuses biographies, certaines longueurs sont venues ternir la fluidité du récit. Non, ça ne veut pas dire que la vie de l’auteur était ennuyeuse, simplement que quelques détails mentionnés semblaient se répéter d’un passage à l’autre lorsqu’un sujet refaisait surface.


Comme l’auteur est humoriste, je craignais que son autobiographie soit construite de la même manière qu'un one man show, soit avec des blagues en continu, mais ce ne fut pas le cas. Le tout était très bien dosé. Lorsque c’est un souvenir comique, le rire venait facilement (les exemples de Gilles l’expressionniste) et quand l’anecdote requérait une ambiance sérieuse, le texte l’était juste assez pour que ce ne soit ni lourd ni mélodramatique. J’ai eu les yeux remplis d’eaux à quelques endroits sans nécessairement pleurer à chaudes larmes. Une chose est sûre : on ressent l’amour de Stéphane Rousseau pour ses proches, malgré le contexte entourant son éducation.

Dès le début du livre, la mère, Berthe, combat la maladie. On sent que son fils, autant dans sa jeunesse que dans les mots employés en tant qu’adulte, éprouvait de l’admiration pour sa maman. De la façon dont elle était mentionnée, je présume qu’elle aimait tout autant son garçon et je crois aussi qu’elle aurait été énormément fière de son cheminement. Chaque fois qu’il était question d’elle, les émotions de l’auteur étaient en éternelle contradiction. Un mélange d’impatience et de tolérance, d’amour et de soulagement, de paix et de culpabilité. Quant à sa sœur, bien qu'elle soit dépeinte comme un peu bête qui n’apprécie pas trop son petit frère, via sa manière de la présenter dans plusieurs anecdotes, on voit que leur relation fraternelle était unique. Ils étaient opposés, mais ils partageaient le même sang. Louise avait mal à l’âme et les questionnements de Stéphane Rousseau à travers les lignes du roman me laissent croire qu’il n’a jamais su pourquoi.

Puis, il y a le père. Monsieur Rousseau. Gilles. La contradiction revenait au galop et pas seulement dans les mots choisis. Dans les émotions. À certains moments, j’adorais comment il parlait de son père. Son côté humoristique ne provient pas du facteur, disons. On pouvait observer qu’ils avaient une relation père-fils assez spéciale qui, de temps à autre, paraissait belle, partageant des moments à la chasse, à la pêche. Ces extraits me touchaient. Malheureusement, d’autres événements sont venus ternir quelques bons souvenirs au point d’entacher leur relation. Vers la fin, mon cœur s’est serré, c’était difficile à lire. Je crois qu’ils s’aimaient profondément, à voir comment l’auteur décrivait son père et, même si celui-ci ne semblait pas dire explicitement les mots « je t’aime », sa présence, parfois intrusive, laissait quand même place à de beaux instants qui auraient pu être gâchés par une certaine discipline féroce trop commune à cette époque. Cependant… l’obsession de Gilles Rousseau pour le sexe, la nudité et la boisson ont clairement eu un impact sur son fils et sur sa manière de découvrir le monde. Je ne blâme pas le monsieur, car je ne l’ai pas connu, mais à travers les propos de l’auteur, on réalise que le contexte dans lequel il a grandi n’était pas toujours sain.

Je suis extrêmement ouverte d’esprit, mais certains passages m’ont rendu mal à l’aise. Comme j’ai dit au début, j’ai sorti plusieurs what the actual fuck. L’ouverture sexuelle qu’a vécue Stéphane Rousseau semble avoir été… très ouverte. Trop ouverte. Je comprends que c’est une autre époque, mais j’étais quand même assez choquée par certaines expériences mentionnées dans le livre. J’avoue que je ne sais pas pourquoi ce n’est pas souligner dans les critiques littéraires que j’ai croisé sur les réseaux sociaux. Je crois que ça m’a touché à cause du côté cru de l’écriture. Il n’y a rien de caché, tout est présenté avec énormément de vulnérabilité. Je ne crois pas que ces passages aient rendu l’auteur malsain sexuellement, au contraire. L’introspection d’une éducation aussi ouverte mène à un questionnement quand vient le bon moment. Sauf que, de l’extérieur, on se dit que… gosh ! C’est ben fucké comme famille ! Certes, c’est une famille pleine d’amour (voire un peu trop ou du moins, qui ne savait pas comment le témoigner) qui a vécu beaucoup de drame, mais fucké également. C’est perturbant. Dans le livre, on voit qu’il semble dénoncer le contexte dans lequel il a grandi, tout en essayant d’expliquer que c’était une autre époque et de ne pas en tenir forcément rigueur à ses parents ni aux gens mentionnés. Je crois que les propos crus servent à montrer à quel point il n’y avait pas de barrière, que c’était normal pour lui. Qu’une femme adulte s’écarte les jambes pour se raser devant deux adolescents prépubères, ça n’a rien de malsain. Qu’insérer des doigts dans la vulve de sa sœur au moment où ses émotions sont perturbées par le deuil n’était pas un moment nécessitant une discussion, bien que ça l’ait marqué. Que les agressions que l’auteur a vécues par des adultes qui trouvaient ça normal d’avoir des activités sexuelles avec un adolescent n’étaient que de l’expérience en plus.


Ces passages choquent, parce qu’on ne se doute pas de leur existence. Finalement, on découvre que derrière les blagues se cachent plusieurs vérités et traumatismes. Que l’humour peut parfois dissimuler des souvenirs assez dramatiques.


Cette autobiographie met à nu, dans tous les sens du terme, un homme qui a dû grandir dans un environnement qui n’était pas toujours adéquat pour un jeune garçon, mais qui a su apprendre de chaque personne ayant côtoyé sa vie. À la fin, quand les départs s’accumulent et que les premiers souffles de vie sont difficiles, l’auteur et humoriste semble avoir fait la paix avec ses souvenirs.


Tu peux lire la biographie de Stéphane Rousseau en achetant son livre ici :



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