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Comment suis-je devenue auteure ?


Pour la première fois dans un article de blogue, j’ai décidé de vous raconter mon histoire en tant qu’auteure. Je crois que mon côté blogueuse est intimement relié à mon côté écrivaine. Même si je tiens à garder les deux le plus souvent séparés, pour des raisons évidentes, je me suis dit que ça pourrait vous intéresser de connaître mon parcours.

Comme la plupart des auteurs, j’ai commencé à écrire jeune. En fait, tout a débuté avec un jeu que mes parents m’ont acheté qui s’appelait « Raconte-moi une histoire », et ça constituait à avoir des disques avec des images et créer une histoire à partir de ça. Je pouvais passer des heures, seule, à jouer avec ces cartes. Puis, j’ai commencé à lire plus sérieusement. Au début avec les Noémie de Gilles Tibo, et finalement avec la série Harry Potter de JK Rowling. La découverte de ce monde a créé une rupture dans ma vie, car j’ai décidé, à ce moment-là, que moi aussi je voulais écrire.


C’est ainsi qu’à l’aube de mon entrée au secondaire, j’écrivais des fanfictions qui, on s’entend, n’étaient pas très bonnes. Mais j’adorais ça ! Je faisais du roleplay et parfois du RPG avec en tête la possibilité de créer. C’était devenu une obsession.


L’été de mes quinze ans, je l’ai passé enfermé dans ma chambre, debout la nuit, à écrire, écrire et encore écrire. Durant ces deux mois, j’ai écrit une quarantaine de fanfiction qui constituaient à environ trois cents pages d’histoire. Je ne vivais que pour ça. En parallèle, j’écrivais beaucoup de poésie, comme la plupart des autres adolescentes (j’étais influencée par Taylor Swift, je l’avoue).


C’est à cause de cette passion que j’ai décidé d’aller étudier en Art et Lettre au Cégep. BIG MISTAKE. Disons juste que mes professeurs n’encourageaient pas tant la création et que j’ai vu mes rêves être brisés en millions de morceaux. Mais j’ai persévéré dans mon coin, jusqu’en 2017 où je me suis lancée dans mon plus gros projet à vie.


Au début de l’année 2017, je vois passer une publication de la Collection Tabou, collection que je lisais depuis le tout début, alors que je n’avais que quinze ans, dans un recoin de la bibliothèque de mon école secondaire. Un peu déçue de la non-inclusivité de la publication, j’écris un commentaire qui se fait alors répondre par une femme dont je garde le nom secret. Cette personne riait de moi en disant que ce que j’avançais était ridicule et que « ça n’existe pas ça ». Ça étant le sujet que je mettais de l’avant. J’ai décidé de lui promettre quelque chose cette journée-là : je vais écrire un livre pour te prouver le contraire, chère madame.


Ainsi, dans mon cours d’anthropologie des religions, je commençais un roman sur le sujet. J’écrivais le plus que je pouvais, mais après quelques mois, j’ai eu un blocage d’inspiration, alors j’ai arrêté. En juillet 2018, malheureusement, je suis tombée dans une très sévère dépression qui a failli me coûter la vie. Vous comprendrez que l’écriture a pris le bord assez vite. Ce n’est qu’après une rencontre avec mon travailleur social, vers octobre, que j’ai repris mon manuscrit et que j’ai continué à écrire. Il me poussait à le faire et chaque fois, me demandait j’étais rendue où. Ça me motivait. Alors j’écrivais et plus j’écrivais, plus mon roman avançait. Jusqu’au moment où j’ai écrit le mot fin. Pour la première fois de ma vie, je venais de terminer un projet. J’ai été si fière de moi que ça m’a sortie de ma dépression. L’écriture m’a littéralement sauvé la vie.


Après quelques corrections, commentaires, j’envoie mon manuscrit aux Éditions de Mortagne dans l’espoir de faire partie de leur célèbre Collection. À ce moment-là, ma meilleure amie Stéphanie Perron, qui me conseillait beaucoup, a lu mon livre et m’a dit des mots qui vont résonner dans ma tête pour toujours : c’est de la marde. Oui, vraiment. Pas l’histoire, mais l’écriture était problématique. En effet, j’avais écrit au passé simple, alors que j’avais de la difficulté avec la conjugaison. Brillant n’est-ce pas ?

Quelques semaines plus tard, je recevais un courriel de la maison d’édition qui refusait mon manuscrit, mais j’ai eu la chance de recevoir un courriel personnalisé d’une éditrice de la maison qui m’a expliqué pourquoi il était refusé. Je lui ai demandé si je corrigeais le tout, si je pouvais leur réenvoyer, ce qui est peu commun. À ma grande surprise, elle m’a dit oui.

Pendant un an, j’ai suivi les commentaires de Stéphanie et ceux de la maison d’édition pour retravailler mon livre. J’ai changé le temps de verbe du passé simple au présent (ce fut chiant), j’ai modifié BEAUCOUP de choses dans l’espoir de réaliser mon rêve.

En février 2020, satisfaite, je le renvoi, une boule d’anxiété dans l’estomac. Quelques semaines plus tard, mon couple explosait. J’étais déprimée, je n’avais plus envie de rien.


Un soir, le 31 mars, je décide de faire le ménage de ma boîte courriel qui polluait de merde pas possible. Un petit tour rapide dans les indésirables, je réalise qu’il n’y a que de la junk, alors je clique sur « vider le dossier », sauf qu’au moment où j’ai cliqué, mon œil a été attiré vers un courriel indiqué « Manuscrit ». Mon cœur a arrêté de battre, surtout que les courriels venaient de disparaître devant mes yeux. Je paniquais ! Trente minutes plus tard, je réussis à trouver les courriels supprimés, par chance. Je glisse le courriel dans ma boîte prioritaire, même si c’est un refus. Sauf que... Ce n’était pas ça.

Le courriel me demandait si mon livre était sous contrat. Je me souviens d’avoir pleuré et d’avoir écrit à Stéphanie pour savoir si c’était bon signe. Elle m’a montré son propre courriel pour Corde raide et c’était pareil. J’ai hurlé et fait un nombre incalculable d’appels ce soir-là. J’étais anéantie par ma séparation, mais soudainement, mon deuil était fait, plus rien n’avait d’importance outre ça ! C’est un sentiment indescriptible. Surtout quand tu as été à deux doigts de supprimer pour toujours le courriel qui changerait ta vie tsé... Bravo, Jessica, ça aurait été une belle gaffe !

Ce soir-là, ma mère travaillait de nuit. Vers vingt-deux heures, n’y tenant plus, je suis allée la réveiller pour lui annoncer la nouvelle. Au début, elle m’a sacré après, car elle voulait dormir encore, mais lorsque je lui ai dit, ses yeux se sont ouverts d’un coup et elle s’est mise à crier. Je comprenais sa joie, je l’avais vécue deux heures et demie plus tôt en ouvrant le courriel.

C’en est suivi des échanges de courriels et le contrat est arrivé par la poste à la deuxième semaine d’avril, alors qu’on était en pleine pandémie. Je tremblais en lisant et en signant ce que j’avais à signer. C’est un moment que je me souviendrai toute ma vie.


J’ai su qu’à cet instant, j’étais devenue auteure. Pour vrai de vrai. Je savais que le travail sur le manuscrit était loin d’être terminé, mais mon contrat était signé, le livre sortirait dans un an et demi, peut-être deux, on ne savait pas encore.

Aujourd’hui, on est le 31 août. Mon livre sort dans cinq semaines. J’ai travaillé dur pour ce roman et j’en suis extrêmement satisfaite. J’ai eu la chance d’avoir de l’aide extraordinaire. D’avoir une seconde chance surtout. Et peut-être qu’il ne plaira pas à tous et je sais que je dois encore m’améliorer sur des points. Mais je suis fière de moi. Je suis fière de mon parcours.

Pourquoi je vous raconte tout ça ? Parce que vous me connaissez en tant que blogueuse et critique. Je peux être froide parfois et antipathique. Certains m’ont même appelé « miss-je-sais-tout », mais je voulais vous montrer un côté vulnérable de moi : l’artiste, l’écrivaine. Je ne suis pas du tout parfaite. Je fais des erreurs moi aussi. Et c’est correct comme ça. Des blogueurs, comme moi, vont en parler (j’espère!) et je vais profiter de ce moment pour être de l’autre côté de l’écran, principalement pour en apprendre plus sur moi et sur ma vie d’auteure.

Croyez en vos rêves et surtout : bâtissez-les. Des rêves, ça se construit, ça n’arrive pas comme ça du jour au lendemain. Si vous y croyez, ils se réaliseront parce que vous allez avoir travaillé pour !

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