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À moi la liberté ! de JoEve Dupuis

À moi la liberté ! de JoEve Dupuis (Éditions de Mortagne)

Est-ce que je me suis vraiment sauvée de mon propre mariage sur un coup de tête ? Sans avertir ma famille, les invités, ni même mon fiancé ? Arrête, Marisol, ce n’est pas si grave. Ça peut arriver à tout le monde.


Ou pas…


Quelle idée j’ai eue, aussi, de vouloir me marier à vingt-trois ans, avec mon premier chum ? Je me disais qu’on était rendus là, Nicolas et moi, que c’était dans l’ordre des choses, après toutes ces années ensemble. L’étape logique à franchir, quoi ! Mais non. Je n’étais plus heureuse. Alors j’ai tout quitté pour atterrir à Ogunquit.


Là-bas, j’ai trouvé le paradis : cours de surf avec le plus beau gars de la terre, rencontres excitantes, souper romantique… Jusqu’à ce que le passé me rattrape et me fasse faire de douloureuses découvertes.


Moi qui pensais qu’un voyage au loin m’aiderait à y voir plus clair… Eh bien, c’est tout le contraire !


Mais je dois arrêter de me poser mille et une questions. Me concentrer sur ce qui m’arrive de beau. Profiter du moment présent. De ma liberté.


Durant mon gros magasinage de juin, j’ai dévandalisé les Éditions de Mortagne à un point… Et en fouillant, je suis tombé sur ce livre-ci. Pour être honnête, j’aimais la couleur de la couverture, la vibe, il était 9,99$ et la C4 m’inspirait. Je n’ai pas regardé plus loin. C’est en me penchant plus sur ma nouvelle acquisition, alors que le livre est dans mes mains, que je me suis rendu compte que son genre se positionne vers la chick-lit. Je lis de tout normalement, j’ai de la difficulté avec certains genres, mais ça passe encore, mais j’ai beaucoup de difficulté avec la chick-lit pour une raison que j’ignore. J’aime bien la romance, mais la chick-lit a une coche au-dessus en termes de « quétainerie », vous voyez ce que je veux dire ? Je n’ai rien contre ce genre littéraire, mais, voilà. Et là, vous vous demandez pourquoi je fais la critique de ce roman, pourquoi je vais critiquer quelque chose que je n’aime pas particulièrement de base ? En fait, c’est qu’il y a eu un énorme retournement de situation. Ce roman, je l’ai aimé. Oui, BOOM dans ma tête.


Le nom de JoÈve Dupuis peut résonner dans votre esprit si vous êtes fan de téléréalité ou un addict de la Collection Tabou. Ça dépend de vos penchants. En 2010, l’auteure participe à l’émission Occupation Double et c’est à la suite de sa sortie qu’elle se penche sur l’écriture de « Montagne Russe », un roman portant sur la bipolarité, le numéro 26 dans la collection, qui sort en 2015. L’année suivante, elle publie « À moi la liberté! » toujours chez les éditions de Mortagne. Elle n’a pas d’autres œuvres à son actif, à ce jour, et se concentre principalement sur sa famille et sur sa carrière en communication dans laquelle elle est spécialisée.


Le début de l’histoire commence avec un élément déclencheur : Marisol est habillée de sa robe de mariée et le doute la prend. Elle décide de prendre l’air pour réfléchir et prend finalement la décision d’annuler le mariage, avant de partir pour le Maine.


Quand j’ai commencé ma lecture, j’avais de la difficulté avec le style de l’auteure, j’ai eu de la difficulté à m’immerger, à comprendre le personnage de Marisol, voire même de m’y attacher. Le principal problème que j’ai eu, c’est que le personnage principal est censé avoir vingt-trois ans (si je me souviens bien), alors que j’ai eu l’impression, tout le long du livre, qu’elle en avait trente, voire même trente-cinq. Elle avait l’air d’une femme mature qui décidait de s’ouvrir à la vie et à la spontanéité d’un coup. C’est probablement la raison pour laquelle je n’ai pas réussi à m’identifier au personnage, malgré la faible différence d’âge. Je la trouvais très « installée » dans la vie, peut-être trop. Je sais que ce n’est pas impossible, à vingt-trois ans d’être confortable et stable, mais ça ne fonctionnait pas dans ma tête.


C’est lors de son arrivée au Maine que les choses se sont améliorées. Oui, j’ai rencontré certains clichés et certains éléments faciles. Exemple, elle se cherche un toit pour trois semaines et étrangement, Jenny, la vieille femme du coin qui possède le petit café a eu une annulation d’exactement trois semaines et offre la location au tiers du prix. Vous comprenez donc qu’on est vraiment loin de la réalité et qu’on vient de mettre les pieds dans une comédie romantique avec Liam Hemsworth et Amanda Seyfried. C’est lors du début des activités, dans le fond, quand Marisol rencontre Rayvan que j’ai vraiment perçu un changement dans l’histoire. Oui, on dirait une histoire de vacances qui se termine à la fin des trois semaines, avec un surfeur beau comme un Dieu grec, mais c’est là ma surprise : ce n’est pas ça !


Rayvan est assez différent des personnages qu’on peut croiser dans les romans de chick-lit. Il est indépendant, a sa propre personnalité et même s’il tombe rapidement amoureux de la jeune femme, sa vie ne tourne pas autour d’elle. Il va vouloir passer du temps avec elle, mais ira tout de même travailler et prendra soin de ses besoins professionnels. C’est vraiment un énorme plus à l’histoire de voir le personnage masculin prendre sa place sans être un éternel cliché ou un enculé de première. Il n’y a pas de dispute, il n’y a pas de possessivité, il ne fait que vivre au moment présent, ce que Marisol tente d’apprendre à faire également. C’est ce qui a donné un tournant à ma lecture, car malgré les clichés qui se sont évanouis tranquillement, on a donné un sens à l’histoire, une quête du bonheur qui est nécessaire pour s’épanouir. Le personnage de Marisol ne vivait que par procuration de son ex-conjoint Nicolas, alors elle doit apprendre à profiter de la vie.


En parlant de l’ex-conjoint, le détail qui m’a énervé c’est qu’elle fait des comparaisons avec lui tout le long du roman, ce qui en devient lassant après la troisième fois. On comprend qu’elle n’était pas heureuse et qu’elle ne l’avait pas compris avant de le quitter à l’autel, mais continuellement ? C’est lourd et le rendre froid et à la limite méchant, j’ai trouvé ça un peu « trop ». Il y aurait pu avoir une meilleure fin entre les deux au lieu de le virer en énorme trou de balle qu’on déteste. J’ai enlevé des points à mon appréciation à cause de ça.


Quant aux autres personnages, j’ai bien aimé Sophie, la sœur de Marisol, qui est la voix de la liberté, mais aussi celle de la raison. Son fils donne une touche mignonne au texte. Cependant, Julie et Annie, elles ont été merveilleuses lors de la scène à Boston (qui est selon moi l’une de mes préférés du livre, avec le concert de Bleach Blonde), mais à part de ça, j’ai trouvé qu’elles n’étaient-là que pour remplir le texte avec des appels et des textos. J’aurais aimé qu’elles aient un peu plus d’impact, une personnalité propre, une vie à elles qu’on aurait pu découvrir. Voire même un peu de discorde. Je dirais la même chose pour Laïla, l’amie de Rayvan. Il manquait quelque chose de passionnant à son propos au lieu de juste être un lien entre des personnages. Il manquait de profondeur.


Et c’est là qu’est arrivé le moment où j’aurais normalement fait « haha, hell no ». L’entrée du destin dans l’histoire. On se doute un peu de ce qui se propage à l’horizon et pourtant, j’ai adoré les émotions qui ont été transmises dans ces scènes. L’incompréhension, la culpabilité, elles sont bien présentes et ça l’a fait du bien à l’histoire un rebondissement de ce genre. J’ai même été surprise, même si je m’y attendais. C’est là que j’ai su que finalement, le livre n’était pas si mal et que j’aimais ma lecture, malgré quelques manques par-ci et par-là. Je ne vous dirai pas quoi, vous devez lire le livre pour découvrir, c’est le « plot twist » de l’histoire.


Quant à la fin, elle m’a surprise, mais non en même temps. J’ai aimé voir Marisol dans son quotidien, de voir son combat intérieur face à ses sentiments, mais aussi aux questionnements concernant sa vie. Rayvan n’est pas un « bum » de plage qui peut s’oublier facilement et ça, elle le comprend assez vite. Quand lui vient le choix entre refaire sa vie à Montréal où elle a une carrière et une famille ou tout laisser derrière elle pour faire sa vie avec Rayvan au Maine, elle se trouve coincée entre le cœur et la raison. On se doute de sa décision, mais en même temps, elle est surprenante, car ça nous montre que le personnage a appris et a décidé de vivre pour elle-même. Ça amène une très belle conclusion à l’histoire et une belle morale sur l’amour de soi et sur la liberté de vivre.

Alors oui, avec étonnement, j’ai apprécié ce roman, je m’attendais à pire, ce qui a fait en sorte que mon appréciation a été peut-être biaisée. Je n’avais pas de grandes attentes et pourtant, en fermant le livre, j’ai été déçue de ne pas en avoir un peu plus. Un saut dans le temps par exemple, voire même un deuxième tome ! Je n’aurais pas dit non et jamais je n’aurais cru dire ça d’une chick-lit. Comme quoi, on peut toujours être surpris et impressionné.


Note finale :


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